‹ La pensée intuitive ... (v. 2)Chapitre 7 sur 65 · RPRPRRRPRPRPR LP PSP PRIS · texte numérisé non relu

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qu elle échappe à l'autorité du principe de non-contradiction.

Ce que je viens de dire peut d'ailleurs être généralisé. L'invention suppose un renoncement aux habitudes communes de l'esprit, une rupture avec elles, une véritable conversion. Elle exige de la pensée un renversement de l'attitude coutumière, une inversion dans le sens de marche usuel, un effort de retournement comparable à celui dont parle Platon à propos des prisonniers de la caverne, une refonte et révision continuelle des catégories et des principes. Ou elle n’est rien, ou c'est un travail pénible, douloureux, violent même, pour ressaisir la pensée dans son dynamisme créateur et dans sa continuité profonde, pour la retrouver à l’état de pure pensée-action dans sa vie et dans sa liberté. L’acceptation résolue des sacrifices que requiert une telle ascèse est peut-être ce qui manque le plus souvent aux hommes ; et une sorle de lâcheté à cet égard, ce qui explique le mieux certains échecs malgré d'évidentes aptitudes.

La tâche est rude, le devoir abrupt et long. Ici, non moins que dans le domaine de la poésie, l'héroïque vers de Victor Hugo exprime une vérité profonde :

Gravir le dur sentier de l'inspiration !

Comme la culture esthétique finit par nous habituer à telle forme d'art qui d’abord choquait notre sentiment du beau, comme l'éducation morale arrive à nous faire estimer salutaire et obligatoire telle conduite qui jadis nous eût semblé indifférenté ou même absurde, ainsi le travail de la recherche intuitive nous adapte lentement à de nouvelles conditions d’intelligibilité. Voici que l’action de pensée, précédant le discours, a senti poindre dans les ténèbres l'annonce d’une

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