‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 155 sur 311 · J. Inédit · texte numérisé non relu

J. Inédit

2. J.R. D. M., 716. Pendant un temps, Vigny a bien mêlé un rôle de femme à Daphné. Une ébauche, s. d., distingue trois personnages : Julien; un stoïcien esclave (Paul de Larisse, évidemment), et une femme, Zoé (Zun, la vie, souligne Vigny), incarnation dela sensualité mélangée de mysticisme, telle qu’il la trouvait peut-être, chez Marie Dorval. Zwh, d’abord païenne sensuelle, est venue au Christ ; puis, dégoûtée du christianisme qui diminue en elle la féminité, elle est ramenée à l’hellénisme par Julien, qui en fait une prêtesse de Cybèle (Vigny l’explique ainsi : la Vie prêtresse de la Terre). En face de ces deux personnages capitaux (cf. BALDENSPERGER, À. de V, contribution, 156, qui appelle Zoé Daphné), à un plan de vie inférieur, un Eunuque et un Bourgeoïs, sordidement occupés de gain. Daphné fera allusion à « deux eunuques très riches de la cour de Constance » (D, 61). Une autre note, également inédite, rapproche Saint-Simon, Fourier, Ballanche, théoriciens de la vie évolutive, des hommes du Bas-Empire qui figuraient la Vie par Zu et ses aventures (époques de Saint-Simon, mythes d’Antigone et d'Orphée chez Ballanche, migration d’astre en astre chez Fourier)

3. 25 mai, 2 juin, 5 juin, 16 juin, 24 juin, 28 juin, 6 juillet, 10 juillet, 14 sept., 417 sept., 27 sept., sont les dates portées sur les notes ; le 1er octobre, le travail‘ paraît terminé (D, 206-213).

4. « Le Docteur-Noir le laissa plongé dans un sommeil pesant et douloureux » (iSt., 293).

plutôt, sans le préambule moderne que présente Daphné dans sa forme actuelle :

« Chapitre premier.

« Qu'est-ce que Daphné ?

« La nuit était silencieuse et le sommeil ne pesait plus sur les veux de Stello. IL marchait dans sa chambre, agité par l’activité de ses pensées, activité violente que les songes avaient multipliée. I] croyait voir devant lui les visages (?) mélancoliques de Gilbert, de Chatterton et d'André Chénier, et la voix ferme et inflexible du Docteur-Noir résonnait encore dans ses oreilles. Le spleen inexorable ne cessait pas de déchainer autour de sa tête les légions d’idées sinistres, qu’il avait douloureusement décrites lui-même dans son premier accès (1). Cependant, dompté par le sinistre raisonneur, il s’était résigné et avait étouffé volontairement et sans gémir le désir d’action du poète sur les sociétés. A présent, il cherchait dans l’immensité un point d'appui, sur lequel il püût asseoir ses pensées, toujours errantes. Une impression ineffaçable de tristesse lui fit chercher partout quelqu'un qui fût aussi triste que lui-même, et, songeant que le souvenir des plus grandes douleurs de la terre modérerait le sentiment des siennes, il se prit à songer au peuple de l'Univers qui avait le mieux compris la tristesse de la vie : les Juifs. (2) »

Il convient de mettre en lumière, d’abord, le problème politique que pose le personnage de Julien, et l’on y verra, non une idée incidente, greffée sur une pensée théosophique fondamentale, mais l'articulation essentielle par laquelle Daphné prolonge, à la fois, Stello et Chatterton (3).

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