‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 164 sur 311 · D.; 482,02: D. 417. 8. D,'67. 04. D 575. 0D4 432 06 DL A · texte numérisé non relu

D.; 482,02: D. 417. 8. D,'67. 04. D 575. 0D4 432 06 DL A

9. Avant la bataille de Ctésiphon, toute l’armée espérait la victoire. Libanius en escomptait les fruits, et Chateaubriand prétend qu’il méditait contre les chrétiens un plan de persécution, digne d’un sophiste : il en avait remis l'exécution à son retour de la guerre des Perses. 10. J. R. D. M., 713.

11, «... Il a été plus avant que les masses stupides et grossières ne pouvaient aller » (J., 1836, p. 104).

12. D., 171, 173. Certains passages du Misopogon, il est vrai (XXXI, XXXII), suggèrent une impression contraire (cf. CITOLEUX, o. c., 550, 551) ; mais le Miso-

Julien meurt d’une mort volontaire, parce qu’il a compris son erreur. Cette erreur est complexe. Elle est, d’abord, d’avoir cru que l’action politique ou militaire méritait plus de prix que la vie poétique (1). C’est, ensuite, l’erreur plus profonde d’avoir méconnu la nature de son génie. Il s’est cru homme d’État : or, il était poète. La force qui pousse un prince à entreprendre de grandes choses est la même force « poétique » qui fait saisir à l’artiste son ciseau. Julien est un poète, comme le sera plus tard Napoléon. Dira-t-on que cette Poésie produit des œuvres de plus longue portée que la création dans l’art ? Non, répond Libanius — et c’est le troisième degré dans l'erreur de Julien — « Il se trouve que, tandis que tu croyais agir sur la multitude des hommes, tu n'as agi que sur toi-même (2). »

Enfin, le Pouvoir, même quand il est obéi et suivi fidèlement, peut-il enchaîner à l’avance la fidélité des générations futures ? Vigny sait que le Prince le plus absolu, comme Napoléon, n’impose à la foule, fût-ce de ses propres officiers, qu’une obéissance passagère, superficielle et trompeuse. « Ce marbre est une cire molle qui fond à tous les soleils, et se pétrit sous toutes les mains dès que le maître est absent ou mort (3) ». Ainsi entendue, l’histoire de Julien — le supplice du prince —, n’aboutit qu’à une redite de la critique du Pouvoir telle que nous l'avons vue dans Stello.

Vigny flui-même voyait autre chose dans son œuvre. « Tout, écrivait-il, est dans l’idée que je prête à Libanius sur les cultes. »

Par son contenu « théosophique », Daphné innove dans les « mémoires de l’âme » de l'écrivain.

La chute de Charles X avait déchainé la haine lente contre le clergé, ses membres et sa doctrine. L’Avenir avait essayé d’endi-

pogon est spécialement dédié à Antioche, et l’impopularité de Julien fût-elle certaine à Antioche, l’ensemble de l’Empire n’en obéissait pas moins.

4. D., 149-150. Vigny pense probablement à Lamartine. En sept. 1840, Lamartine lui écrira : « Que tout nous soit commun dans cette petite république d’esprits élevés et d’Âmes sensibles, oasis au milieu des sécheresses de ce vilain siècle » (cf. Dupuy, Amitiés, 302), mais Vigny lui répondit— avec la feinte amitié qui présidait à leurs rapports : « Que votre règne arrive, avec celui des philosophes que souhaitait Marc-Aurèle, un de mes saints» (Corr., I, 128). Sur «Saint-Socrate », autre « saint » de Vigny, v. 5t., 99, 2. D.,137, 8. D., 139.

guer le flot, en retournant contre l’athéisme larme de la liberté. Puis, Lamennais avait brisé avec Rome. Les Paroles d’un Croyant, autant que les Sorrées, douze ans auparavant, troublèrent le poète en offrant une solution éclatante, mais d’une insupportable violence, à la question que le siècle lui posait. Les Paroles d’un Croyani étaient l’œuvre d’un apostat (1), et Vigny n’admettait pas, alors du moins (2), qu’on püût servir successivement deux trônes ou deux autels. C'était l’œuvre d’un homme qui avait dit : « Les rois boivent du sang dans des crênes (3) ; les prêtres sont gorgés de biens, d’honneurs et de puissance (4) ; il faut que les peuples les détruisent (5) et que les armées secondent les peuples (6) » ; enfin, d’un contempteur de l’armée. À certains égards, Servitude avait répondu aux Paroles d'un Croyant. Mais si lapostasie de «La Mennais irrite en Vigny un homme qui déniait à un peuple de juger ses rois ou ses dieux (7) » — l’espérance religieuse qui frémit à chaque page du livre étonnait et décevait son agnosticisme naissant. La Mennais voit dans le Christ l’inspirateur de la liberté politique : ces audaces sont un acte de foi. Vigny, en 1837, ne juge pas à fond ses audaces : il croit Lamennais coupable « non de chercher la vérité, mais de l’affirmer avant de l’avoir trouvée (8) » et n’augure rien de bon de cette révolte prolétarienne placée sous linvocation de Jésus-Christ. Le gentilhomme s’en inquiète (9),

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