Cf. le Journal (1836), J. R. D. M
2. Après 1852 en effet, en se ralliant à l’Empire, il admettra de servir, après les Bourbons, une autre « maison royale de son choix » (cf. l’opinion de Lamartine, Cours familier de littérature, 407-408).
3. « Et l’un deux saisit le vase plein de sang, en versa dans le crâne et en but » (LA MENNAIS, Paroles d’un Croyant, XIII).
&. «.. I] faut gagner les prêtres du Christ avec des biens, des honneurs et de la puissance » (Zbid., XIII).
5. «.. Vous ne retrouverez la liberté, la pureté, la paix, qu’en combattant contre eux, sans relâche » (Zbid, XXXIV).
6. «.. Jeune soldat, où vas-tu ? — Je vais combattre contre les maîtres, pour es esclaves. — Que tes armes soient bénies, jeune soldat» (Zbid, XXXVI. D., 190-191).
7. Vigny croit évidemment à une ambition sordide chez La Mennais : « Je vous servirai et je vous imiterai », lui fait-il dire à la foule impie (D:, 190) et il a lu si vite les Paroles d’un Croyant qu’il y voit une œuvre d'inspiration Saint-Simonienne (D., 191).
8. Le jugement haineux de Daphné n’est pas l'expression dernière de la pensée de Vigny. Dès 1839 il parle de lui avec une autre modération au prince de Bavière (Corr., L., 414 ; v. ci-dessous, chap. 1x, section 1), Cf. J., (1839), p. 144.
9. La Mennais se moque de la fidélité des gentilshommes :« J’ai vu dans un berceau un enfant criant et bavant, et autour de lui étaient des vieillards qui lui disaient: Seigneur »(La MEnnais, Paroles d’un Croyant, XIX). Ailleurs, il décrie
Ve
RÉPONSE À LA PALINGÉNÉSIE A à
Vincroyant en sourit tristement. Le Dieu de La Mennaïs lui paraît tomber en poudre : Vigny le dira dans Daphné.
Ce faisant, il répondra aussi à Ballanche. Mais Ballanche ne pensait pas, ne voulait pas être un démolisseur. Il croyait éternelle la vitalité du Christianisme et l’histoire lui semblait attester cette vitalité. Le personnage de Julien l'avait attiré ; toutefois, jugeait-il, « cet, empereur si puissant qui voulut, mais en vain, rétablir le polythéisme en présence même du christianisme... fut justement nommé apostat parce qu'il avait apostasié l'avenir après lavoir compris (1) ». Il y a done, aux yeux de Ballanche, différence non d'époque, maïs de nature, entre le César qui voulut rendre à la religion païenne la vie artificielle de l’hellénisme et le prêtre breton qui veut «retremper la tiare en l’alliage humain ». En effet, poursuit Ballanche : « On a nié l’évidence en niant que le christianisme gouvernât encore la société. Ils n’ont pas voulu voir que le Christianisme, loin d’être épuisé, reprenait une sève nouvelle. Non seulement le Christianisme gouverne la Société, mais j’oserais dire qu’il est la société elle-même (2) ». Même dans ses révoltes contre le dogme, l’esprit moderne met en œuvre le principe de liberté que le Christianisme lui a donné il y a vingt siècles. L’individualisme est devenu la règle de la société révolutionnaire ; mais cet affranchissement de l'individu date du jour où « le Christ [est allé] aux Enfers délier de l'antique anathème les générations qui ont vécu sur la terre... Le Destin est vaincu dans ce qu'il a d’irrévocable (3). » Cet affranchissement se révèle sans cesse sous des formes nouvelles : de même qu'avant le Christ, la Grèce à Salamine, Rome à l’époque des Gracques ont représenté le « principe progressif » pour s'endormir ensuite et être dépassés à leur tour, de même, après le Christ, le monde connaît une succession de formes sociales qui, tour à tour, réalisent le « principe progressif » et le « principe stationnaire » ; chaque période stationnaire s’accompagne d’une souffrance (expiation) préparatoire à l’entrée dans la période progressive (réhabilitation) qui suit : toutes les fois que le progrès ‘succède au stationnement, il y a palingénésie (4). Cette
la Cour : « Qui donc se\rassemble autour des puissants du monde ? Les riches et, les flatteurs.…., les femmes perdues, les ministres infâmes de leurs plaisirs secrets, les baladins, les fous... et les faux prophètes » (Zbid., XXXII). Ce dernier trait paraît applicable à Joseph de Maistre. Pourtant Vigny ne devait pas être hostile à l’éloge des mouvements libéraux anti-autrichiens de 1834, que lon trouve au chap. x1x des Paroles, ni à la critique dela peine de mort, qu’on lit au chap. xxxvir.