‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 176 sur 311 · iD.,200. 2.:D.,202. 3. D · texte numérisé non relu

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4. Corr., À, 425. Il est à noter qu’il parle à un prince. 5. J. R. D. M., 729.

6. Dans la lettre au prince de Bavière, il rapproche Saint-Simon de Fourier. La morale de Fourier prêchait d’absolue liberté sexuelle, près delaquellelalicence des Saint-Simoniens paraît réservée » (BourGiNn, Fourier, 283-284).

7. La Colère de Samson est achevée le 26 décembre 1839. La comtesse d’Agoult témoigne, dans ses Souvenirs, de l’évolution du'type féminin après 1835: son jugement corrobore celui de Vigny. C’est époque où paraît la «lionne ».« Cavalière et chasseresse, cravache levte, boîte éperonnée, fusil à l'épaule, cigare à la bouche, verre à la main, tout impertinence et tout vacarme, la lionne prenait plaisir à défier en ses extravagances un galant homme ». C’est l’époque où le féminisme agressif de Mme de Mauchamps incitaitlafemme mécontente à «casser une glace ou une pendule dela maison... à couper, à détruire tout le linge de table, par vengeance... » Mme de Girardin s’en raïlle (Lettre Parisienne

-du 22 mars 1837).

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politique. Sur quoi fondent-ils leur prétention ? (4) Enfin, le Saint-Simonisme a, selon Vigny, développé le goût de la paresse, au moment où lui-même écrivait : « Le travail est beau et noble » et se vantait de son « salaire d’ouvrier (2) ».

Discipline morale, discipline sociale. Les Saint-Simoniens, quoi qu’en dise Vigny, proclamaient la nécessité de cette discipline, et l’évolution d’'Enfantin est bien autrement significative (3). Les indépendants eux-mêmes étaient pris dans le rythme d’une société sérieuse (4), hiérarchisée et laborieuse, défiante des élans du cœur.

Si l’image du Prolétariat s’altère, celle de la Bourgeoisie ne s’est

pas embellie.

Son gouvernement s’est établi. Depuis 1835, l'agitation répu-

. blicaine est réduite à l’impuissance. Mais les vainqueurs n’ont

fondé aucune doctrine nouvelle, réalisé aucun programme d’ensemble. On vit au jour le jour, dans l’indifférence. « Les opinions sont affaissées (5) », écrit de Barante ; et Royer-Collard : « IL semble que la France n’a plus rien à donner ; elle dort d’un sommeil qui n’a plus même de rêve ». Dès 1831, Vigny avait prévu que la fidélité à la monarchie deviendrait « décennale ». La Chambre se dépensait en disputes stériles, comme celle de décembre 1838, où

4. Vigny n’était pourtant pas hostile aux réclamations des « Capacités ». Mais, comme il n’appréciait guère les fonctionnaires ou les gens de loi qui eussent joui de l’extention du droit de suffrage, c’est un général dont il fait le héros de la nouvelle satirique ainsi conçue : Un boulanger est électeur, éligible et élu. Ancien domestique du général. Bête, cupide, bas, poltron. Le général ne peut être élu et un colonel de dragons le prie de demander au député sa protection pourlui. (Inédu). On se rappelle que Vigny souhaitait voir les officiers pourvus de droits civiques. 2. J., 120-121.

3. Enfantin s’était adonné avec zèle au projet de percer l’isthme de Suez. L’œuvre lui échappa. Toutefois il se consola en pensant que l’avenir lui rendrait justice, Il était membre du conseil d'administration du P. L. M. ; il fonda, entre autres entreprises, une société d'éclairage au gaz à Lyon, tandis que les Pereire fondaient le Crédit Mobilier (cf. Werzz, l'Ecole Saint-Simonienne, 236 et sv.).

&. « Vous êtes d’un pays sérieux, dit Vigny à C. Maunoir, et, pour cela, je l’aime sans l'avoir vu » (6 déc. 1838, Corr., I, 98). Il loue la gravité de Tocqueville (J., 193).

5, CHaRLÉËTY, la Monarchie de Juillet (dans Lavisse : Hist. Contemp.). « L’affaissement moral... est la maladie de la génération actuelle », écrivait, dès 1834, Augustin Thierry. Aucusrin Tuierry, Dix ans d'études historiques, 33 (publié en 1839).

Molé tint tête à l’attaque conjuguée de Guizot, de Thiers, d’'Odilon Barrot : cent-vingt-huit discours furent prononcés, et aucun grand intérêt n’était en jeu : il ne s’agissait que de rivalités de personnes. Lamartine disait à la Chambre : « Oui, nous refusons de ratifier votre adresse, parce qu’elle est votre adresse, non l’adresse du pays. » Le pays, en effet, était fort indifférent à cette colère qui n’agitait plus que « les séances de la Chambre, ses couloirs et ses bureaux (1) ». « Le système de paix qui domine depuis 1830, pouvait écrire L. de Carné en 1837... est, à la fois, pour la bourgeoisie, le gage de sa force et la consécration de ses destinées. Toutefois, en France seulement, elle est arrivée à posséder le pouvoir dans cette plénitude et cette sécurité qui permettent à un principe de développer largement ses conséquences. C’est donc en France. que la Bourgeoisie doit être étudiée comme sur son terrain classique. D'un côté gisent les débris du parti qu’elle a supplanté, dont la destinée très prochaine est de s’absorber dans son sein (2) ; de l’autre s’élève une faction qui n’était dangereuse qu’autant qu’elle n’était pas démasquée (3) ». Malgré l’éclipse des personnalités et des principes, ce spectacle n’a pas donné à Vigny le dégoût des

4, Ibid., 150.

2. C’était le cas du marquis de Lagrange, l’ami de Vigny. Ancien officier de la Maison du Roi et de la Garde sous Louis XVIII, entré dans la diplomatie, démissionnaire en 1820, il est élu député de Blaye en 1837 et siège à droite, Vigny le plaisante dans une lettre de nov. 1837 (Lettres inédites d'A. de V. au marquis et à la marquise de Lagrange. par À. de Luppé, 28). Et il reprend la critique du Pouvoir dans les termes mêmes de Stello.

3. DE CARNÉ, De la démocratie aux Etats-Unis et de la Bourgeoisie en France, 667. Vigny s'intéresse à de Carné en 1843. (Lettres inédites d’ A. de V. au marquis de Lagrange... par A. de Luppé, 124). Les notes inédites révèlent que, vers 1842, il lit louvrage nouvellement paru, de L. de CARNÉ : Du gouvernement représentatif en France et en Angleterre. L’auteur constate que, depuis 1830, « à l’ère de la grande politique succéda... celle des petites manœuvres ; et les ambitions individuelles, dissimulées jusqu'alors sous l’imposant appareil des doctrines, purent so produire nettement pour leur propre compte. » (Du gouvernement représentatif en France et en Angleterre (Introd. p. V et VI). Jusqu'ici Vigny et de Carné sont d'accord. Mais de Carné impute cet avilissement à l’action dissolvante de « tous [les] docteurs, depuis les philosophes encyclopédistes jusqu’à nos journalistes quotidiens » qui ont habitué le peuple « à considérer le pouvoir comme une sorte d’ennemi public et toutes les hiérarchies, sans en excepter celles de la fortune et du talent, comme dérogeant, en quelque chose, à l’ordre et au vœu de la nature» (Zbid., 394). Il déplore que «la puissance publique, l’ordre social tout entier ne fsoient] guère supportés. que comme des maux nécessaires » (Zbid.). Vigny fut-il touché par le reproche de de Carné ? On le voit alors tenté, par instants, de solidariser l'aristocratie de « l’intelligence » avec celle de la richesse

élégante (1840, J., 150).

affaires publiques. Sous son ironie apparente (1), il reste passionné pour elles (2). Comment expliquer autrement des notes comme celle-ci : « L'homme d’État, traité, par Alfred de Vigny. (3) ». Vigny choisit pour l’homme d’État, inconsciemment peut-être, les qualités dont il est animé lui-même ; mais comme la « fermeté de conscience » est impossible à une époque « où un homme peut voir, dans sa vie, cinq dynasties », il est nécessaire d’abolir le serment politique (4). Ne pensait-il pas à lui-même ? Il se compare à ces «combattants quisont moins fatigués dans la course générale {(5)». La lutte politique viendrait à point vers 1840, pour le distraire du souvenir persistant de ses deuils intimes, et il envie Lamartine de pouvoir s’y livrer (6). Mais l'heure d’agir n’a pas encore sonné, si lon en juge par le jeu lamentable d'acteur sans rôle auquel sont condamnés Lamennais ou Chateaubriand. Chateaubriand, par cabotinage, annonce des révélations (7) ; Talleyrand meurt après une vie d’infamie brillante (8); Lamartine, que Vigny vient écouter à la Chambre le 23 mars 1841, l’irrite par la pompe affectée de son langage : « C’est une manière de charlatanisme qui le sert,

4. Lettres inédites d'A de V. au marquis et à la marquise de Lagrange. par À. de Lupré, 51. :

2. « Edouard est un paresseux, et, pour le punir, je lui dirai ma politique quand il arrivera » (1840, Ibid, 63). 3. (1889), J., 137.

4. J.,153 (1841). En mars 184%, M. de Tréveneuc proposera d’abrogerleserment politique, non pour les fonctionnaires nommés par le prince, mais pour les députés (Chateaubriand avait quitté la Pairie pour ne pas prêter serment à: Louis- Philippe). On lit dans l Exposé des Motifs : « Pour un petit nombre qui le prend encore au sérieux, le serment est l'interdiction des droits les plus importants . c’est une espèce d’ostracisme moral ; c’est en eux la mort du citoyen. I est immoral que, parmi les hommes de bien qui n’approuvent pas la marche du gou. vernement, lies uns commettent d’honnêtes parjures de bonnes: intentions ; les autres, plus rigides, sont rejetés en dehors des affaires publiques, oùleur concours loyal, où leur contrôle consciencieux seraient pourtant si désirables. » (ne Tré- VENEUC, Abolition du serment politique). fait remarquer que si, par son serment, le député est nécessairement défenseur de la Constitution, le peuple ne pourra changer cette Constitution que par une insurrection, 5. Corr., 1, 41.

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