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5. J., 146. L’homme-type de cette bourgeoisie, Pasquier, le ministre des Bourbons légitimes, rallié en avancement à Louis-Philippe, lui paraissait frôler la vilenie, I] rapporte sa familiarité supposée avec Fieschi dans sa prison, et cette question journalière, destinée à séduire l’accusé : « Eh bien, mon cher Fieschi, comment vous porlez-vous ce matin ? » (Znédü).
6. L’original appartient à M. Marc Sangnier, Quoique de tendances libérales, Dumesnil, dès 1830, raillait les « talons rouges de la chaussée d’Antin » : « Ce que je dis ici s’applique à nos amis les libéraux, nation mercantile et peuple de banquiers, qui veulent faire à l’eau de rose de la démocratie de salon, et remplacer le mérite dela naissance par celui du coffre-fort» (A. Dumesniz, 0. c. 91). Ce sonnet est resté secret. Il n’enest pas moins à rapprocher des autres manifestations d'anciens légitimistes qui, en haine des d'Orléans, appelaient le peuple à la liberté (v. chap. xu).
Avec la même souplesse, la Bourgeoisie s’efforce d’absorber les partis nouveaux, les révolutionnaires de 1830, qui ne croyaient pas travailler pour elle: qu’est devenu le parti républicain ? « S’il arrive, dit Vigny, qu'une révolution se lève à son insu, la Bourgeoisie se range, la laisse passer, l’applaudit, fait la morte puis remonte sur l’eau, envahit la Révolution et l’absorbe. Elle agit en cela précisément comme le Chinois qui, souvent conquis par les Turcs, les laisse faire sans décroiser ses bras ni ses pieds, puis, les prenant dans l’immense réseau de son immobilité et de sa richesse, les absorbe et en fait de nouveaux Chinois, régulièrement soumis à ses mœurs et à ses lois (1) ».
L’art seul lui restera-t-il un domaine interdit ? Mais Chatterton a montré le sort quiattend l'artiste aux prises avec un tel publie, et, bien que, par intervalle, Vigny semble croire à la perfectibilité de la foule, il lui échappe des aveux comme ceux-ci : « Le peuple, il faut l’avouer, n’aime, en France, ni la musique ni la poésie. Ce n’est pas que la classe moyenne soit plus harmonieuse : elle chante aussi faux et ne sent pas la poésie ; mais elle reçoit, surtout à Paris, une sorte d'éducation de vaudeville qui suffit à la dose de mélodie et d’esprit qu’elle est en état de comprendre. Elle aime passionnément l’injure, mais l’injure sournoise, dérobée sous le calembour (2)». Dira-t-on que l'artiste ne doit pas dédaigner le travail de ses mains, et consentir à se faire marchand dans un siècle de marchands ? Vigny ébauchera, sous le titre de Burns (3), une suite à Chatterton : il montrera l’inutilité de la lutte pour le poète, contraint d’être dupe ou fripon. « Sa délicatesse l’empêche d’être bon marchand et de capituler avec sa conscience comme le commerce l’exige (4) ». Aussi, renonçant à soutenir deux rôles contradictoires, beaucoup d'écrivains se livrent-ils franchement à la «littérature industrielle », qui nourrit son homme sielle ne l’illustre pas. « Quelques jeunes gens donnent chacun une histoire à un homme, qui les signe, les leur paie et les revend plus cher. Puis les lecteurs tambourinent ce nom, les journaux à qui ils vendent la première édition multiplient le poison et le vantent (5) ». Nulle part plus que dans le jour-