‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 179 sur 311 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

5. Corr., I, 151 (3 janv. 1843). Il se rencontrait ici avec Sainte-Beuve: « Que cette littérature industrielle [— les émules de Byron —] existe, mais qu’elle rentre dans son lit et ne le creuse qu'avec lenteur: il ne tend que trop naturellement à s’agrandir» (SaiNTe-BEUVE, De la littérature industrielle, R. D. M.). Quatre ans plus tard, dans un même mouvement de sévérité contre son siècle, Sainte- Beuve s’écriait : « Rendons, rendons enfin admiration et justice à ces hommes

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nalisme sévit cet esprit mercantile ; Vigny voit, avec une amertume enfiellée, la « Muse » qui l’aima jadis devenir la femme célèbre d’un trop ingénieux brasseur d’affaires (1). Il connaît la puissance de la presse ; il a été lié avec Buchez; il garde des relations suivies avec Buloz, intimes avec Busoni ; il Ia respecte et s’en effraie (2) : elle est. l’« arche nouvelle »-devant laquelle Stello s’agenouille, priant Dieu de la garder pure (3).

Vigny n’a fait, en aucune œuvre achevée, le procès de la Bourgeoisie ; mais ses ébauches révèlent plus d’une intention intéressante. Nous ne parlons pas de ses Mémoires (4), mais des esquisses de la Deuxième Consuliation. Emmanuel eût renfermé une figure vraiment haïssable, qui n’était pas Jean Loir, mais Prospero, «le propriétaire amoureux ». Vigny en avait fait comme une réplique rajeunie de lord Beckford en le chargeant d’attributs contempo-

qui ont imposé leur nom à leur siècle, Périclès, Auguste, Léon X et Louis XIV, ete. » (SAINTE-BEUVE, Sur la süuation de la littérature, R. D. M., 1843). Vigny, qui se défait des Mécènes, répond dans ses notes : « Je me suis senti quelquefois entraîné par de premiers mouvements d’indignation contre ce qu’on est habitué à nommer de nos jours littérature industrielle, après avoir lu ces mauvaises pages dont sont inondées les feuilles publiques. Mais, en descendant au fond de ma conscience... j'ai dit qu'après tout rien ne fut si industriel que la littérature des plus grands hommes, seulement elle était bonne et mal payée, tandis que celle de nos jours est bien payée et n’est pas toujours aussi bonne » (/nédit). Il cite comme exemples Corneille, à qui La Bruyère reproche de trop évaluer le produit de ses pièces, Molière, « et Shakespeare avant eux ».

Lord Byron passait pour se faire payer une guinée la ligne (Lettres inédites au marquis:et à la marquise:de Lagrange. par A. de Luppé, 46).

4. Lec« vicomte de Launay »écrivait dans sa Lettre Parisienne du 12 avril 1839 : « Le journalisme, voilà votre roi, Messieurs ; vous êtes tous ses courtisans.»

2. Il n’avait pas tardé à qualifier les journaux d”’ « instruments de médisance et de calomnie » (Corr., I, 63). Pourtant, quand il croit au succès de sa pétition publique pour Mie Sédaine : « C’est un des bienfaits de la liberté de la presse, que je vais adorer plus que jamais... »(5 nov. 1841, Corr., 1, 136).

3. Inédit, Projet de poème. Un: projet de drame, l ]Zmprimerie, aurait montré. une insulte multipliée par la presse, La mère de l’insulté tue l’insulteur et le roi Pabsout, justifiant ainsi son pouvoir souverain (Znéduit). Vigny se rencontre ici avec Louis Blanc qui jugeait sévèrement les procédés de Girardin : « Ainsi, on venait proposer de changer en un trafic vulgaire ce qui est une magistrature, presque un sacerdoce ; on venait proposer de rendre plus large la part faite, jus= qu’alors, dans les journaux, à une foule d'avis menteurs, de recommandations banales ou cyniques, …le journalisme, en un mot, allait devenir le porte-voix dela spéculation, » (Louis BLANC, Histoire de Dix Ans, V, 56-57), L’aversion de Vigny pour le journalisme s’accroit du caractère bourgeois de l’institution:le journal est le courtisan du bourgeois (J., 140 (1839)).

4. La Correspondance publiée ne renferme guère qu’une ‘allusion, à propos du procès Lafarge, « Le jugement, écrit Vigny, a été féroce et stupide, tout à læ

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