Me Mewnessrer-Noptier, Charles Nodier, I
8. Lettres inédites d'A, de V. au marquis et à la marquise de Lagrange. par A, de Luppé, passim et 42.
9. Un écho inattendu de cette résistance passe dans la lettre que Vigny écrit au marquis de Lagrange le 26 oct. 1841 (Zbid., 82).
10. Tocqueville lui-même, si calme d’ordinaire, écrivait alors à G. de Beaumont : « Vous savez combien je suis las de notre petit pot-au-feu démocratique et bourgeois » (9 août 1840, TocquE vice, Correspondance, VII, 180).
Anglais par son mariage et plusieurs des inclinations de son esprit,
il souhaite un avenir qui conjugue l’activité de ces deux pays, au lieu de les mettre aux prises dans une mortelle rivalité. Son dégoût des violences ne lui inspire que des paroles réservées et mélancoliques (1). Il écrit au comte d'Orsay, prévoyant la guerre : « J'espère au moins que toute communication ne sera pas fermée
entre deux pays qui ont contracté tant d’unions malgré la poli-
tique. (2) ». La même année, il note ce projet de poème à faire: « L'année 1699. Ce fut la seule année où le monde n’eut aucune guerre (3) ».
La menace s'éloigne, mais le retour des cendres de Napoléon permet une nouvelle démonstration aux éléments nationalistes (4) ; Vigny la blâme et regrette qu’on n’ait pas laissé le corps de l’Empereur «sous un rocher, sous un saule, ayant pour grille, à son monument, l'Océan Atlantique (5) ». La grandeur lui parait manquer au cortège : « Hélas ! Tout cela ressemblera à une décoration d'opéra, comme tout ce que nous faisons (6) » ; et, répondant à une sollicitation dont nous ne savons rien : « Dans mon silence et ma solitude, on m’appelle à chanter cette arrivée des. cendres : je proteste contre elle (7). »
1 LCorr, M 4122-23?
2. Corr., I, 125. Son estime pour Angleterre transparaît aussi dans J., 139- 140. Elle se ranimera quand la France traversera une nouvelle période de troubles intérieurs (A, DE V. Quelques lettres d’inconnues, R. H. L., 1914,168, 7 juil. 1851).
8. J., 152 (1840). C’est un souvenir très probable de Maistre qui dit: « On cite une courte époque après la paix de Ryswick en 1697 et une autre tout aussi courte après la paix de Carlowitz en 1699 où il n’y eut point de guerre, non seulement dans toute l’Europe, mais même dans le monde entier » (DE MAISTRE, Considérations sur la France, 40). De Maistre entend démontrer quelaloi du monde est différente : « Si l’on veut retarder les guerres, luttons, dit-il, contre les troubles intérieurs qui amènent cette terrible purification » (Zbid., 51).
4. « À cette heure, écrivait L. de Carné, le seul événement pour la France, c’est que les restes de l'Empereur vont. traverser l’océan pour reposer aux bords de la Seine. selon son dernier vœu. Il n’est pas un vieux soldat qui ne se redresse sur le soc de sa charrue, pas un enfant qui n’écoute, avec un redoublement d'attention, les merveilleuses histoires de l'Empire » (DE ‘CaARNÉ, De la popularité de Napoléon, 852 (R. D. M., 1840, t, I).