‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 211 sur 311 · LE MYTHE D'EVA DR · texte numérisé non relu

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symboles féminins, comme la vie de l’auteur lui-même était secrètement rayonnante d’une protection féminine. Il se compare à Dante, parce qu’il est hanté d’une vision de la Béatrix : un « sou-

rire sérieux d'amour et de grâce (1) » l'accompagne dans son aus-

tère et laborieuse synthèse. S'il peint l’homme s’affranchissant du destin, c’est pour l’incarner dans la figure d’Antigone ; la Palingénésie Sociale elle-même se dévoile sous des symboles féminins : Erigone, la mulier, c’est-à-dire l'élément passif, indigne de Pinitiation ; Eurydice, principe plus élevé, mais qu’anéantira une «théophanie » trop audacieuse ; Carmenta, enfin, la mère d’Evandre, la vira, dit Ballanche, Sibylles supérieures au temps qui passe, « gardiennes des religions terribles », dépositaires des lois qui régissent les dieux eux-mêmes, et, par suite, symbole de la Connaissance définitive et toute-puissante (2). C’est une sibylle qui, à la fin d’Orphée, chante les préceptes de la loi aristocratique. On trouve donc, chez Ballanche, un effort continu pour incarner dans la femme un principe de prophétie sociale, et, comme son épopée se déroule en dehors du temps, son mythe féminin est plus idéalisé que celui de Chateaubriand.

Ce souvenir est-il passé dans la Maison du Berger, ou Vigny, par une figuration, beaucoup plus modeste d’ailleurs, du devenir s0cial, n’a-t-il eu qu’à s’inspirer de sa propre expérience personnelle ? (3). |

Depuis 1838 environ, il était lié avec une genevoise, parente très éloignée de sa femme, Camilla Maunoir, et cette liaison spirituelle exerça sur sa propre évolution une influence profonde.

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