Corr., I, 103. 2. FAuUcHER, Birmingham
3. Dans ses Etudes politiques, déjà citée, Farcy déplorait l’état de la classe ouvrière, surtout en Angleterre. « Prêtez l'oreille. n’entendez- vous pas une vaste clameur que le vent nous apporte d’au-delà de la Manche ? C’est la voix de cent
la Sauvage. Le poète a des raisons personnelles pour louer la campagne ;son domaine du Maine-Giraud, dont il prend soin personnellement depuis 1833, et d’où il écrit les Lettres à Eva, le repose de la ville de boue et de sang où son cœur s’est répandu ; son voyage en Angleterre en 1836 l’a mené à la campagne « dans la plus délicieuse habitation du comté de Surrey (1) »: en 4839, de même, il fait, dans le Nord de l'Angleterre, une excursion de plusieurs semaines : sa correspondance signale un déplacement dans le Berkshire (2). Il préfère à la campagne, il est vrai, la Bibliothèque de PAthenæum (3) ; mais, de toute façon, cette vision de l’Angleterre richement agricole et des loisirs élégants du gentleman farmer l’a confirmé dans sa prédilection pour l’économie rurale. À ce point de vue, la Maison ‘du Berger réédite la leçon de la Sauvage. L’expansion de l’homme sur les terres vierges, tel semble être le mot que crie, à l’oreille intelligente des conducteurs de peuple, la misère des serfs de la ville.
Si l’on s’efforce d’unifier les fragments épars et confus que Vigny a laissés sous le titre de Réponse d'Eva, la valeur sociale du mythe semble croître, sa signification amoureuse s’éloigne.
Vigny projetait, au cours de la Réponse—poème terminal du recueil qu'ouvrait, comme unSprélude, la Maison du Berger —, de résumer «en une strophe » chacun des poèmes publiés ; les lignes que nous avons citées résumaiïent en quelque sorte le Mont des Olivrers et la Sauvage. Puis devait venir une allusion à la Mort du Loup qui enseigne à se taire devant l’incompréhensible : la Colère de Samson et la Flûte devaient témoigner d’une sorte de pitié, là pour celle qui a trahi, ici pour l'esprit abattu par la conscience de sa débilité. La conclusion de cetterevue eût été nettement optimiste. Il faut, ditun texte, « mener vigoureusement une vie saine d'âme et de corps, et laborieuse surtout, selon sa condition et son siècle »; c’est par là, dit Vigny que l’homme combat le Spleen. Ainsi, il a cessé de voir dans l’espérance la plus grande deïnos folies. En effet, la strophe finale de la réponse, longuement raturée, devait, après plus d’une hésitation, attester sereinement la victoire de l’homme sur la Des-
mille chartistes, de cent mille réformistes... qui, le teint hâve, à peine vêtus, s’élancent de Birmingham et de Manchester. Démence et pitiél» (FARcY, 0. cit., 53-54).