‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 223 sur 311 · ASTRA ITS 96208. SAONE ATOME · texte numérisé non relu

ASTRA ITS 96208. SAONE ATOME

5. Il avait refusé, l’année précédente, de faire aucune démarche pour l'obtenir (Journal inédit, 1833).

7. Vigny a gardé soigneusement les moindres lettres de compliment qu’ils lui ont valu. Un de ses admirateurs de province, le comte de Porry, avouera : « I] est vrai qu’ils furent moins remarqués ; quant à nous, qui les avons curieusement cherchés et découverts avec quelque peine dans le recueil poudreux de M. Buloz (sic). » (De Porry, Atfred de Vigny, 18).

L'autre raison est toute fictive. Il rêvait que l’Académie devint une sorte de prytanée où les poètes fussent débarrassés de tous les soucis de la vie. Il serait bon, dit-il, que, « devant chaque fauteuil fût posé chaque matin jusqu’au dernier soir le pain quotidien (1) ». Un traitement devrait être assuré, supérieur à ces 1.200 francs qu’il raille (2). Avec les années qui passent, Vigny se préoccupe moins des jeunes poètes que des poètes vieillis.

Enfin, peut-être se flattait-il de jouer un rôle de protestataire politique. L'Académie eût-été pour lui ce qu’elle devint pour les Orléanistes après 1852 : une tribune politique restreinte. On le pourrait croire, à lire son discours de réception, semé d’allusions politiques ; il affirmait à Alexandre Guiraud qu’en tenant tête à son premier concurrent, le chancelier Pasquier, il voulait affirmer son indépendance de citoyen, ou plutôt d’opposant non rallié. Ce n’est pas impossible (3). En tout cas, il eut contre lui le parti de la Cour, et sa propre victore fut difficile. Il se présenta sept fois, «imperturbablement », en dépit de conseils aussi sincères que maladroits (4).

Le Journal d’un Poète relate en détail les impressions de la première série de visites. Elles sont rarement amères. Royer-Collard est le seul qu’il ait maltraité, non pour des raisons politiques (5), mais pour son accueil dédaigneux de « vieillard aigri » (30 janvier 1842) (6). Il n’estime pas Molé, pour son persiflage (7) ; mais rien ne permet de soupçonner la haine qui les séparera quatre ans plus tard. Chateaubriand lui à paru remarquable de bonne grâce (8). II pourrait être sévère pour Thiers, un des hommes à quis’appliquerait le mieux sa critique de la bourgeoisie ; il le loue, au contraire, de son activité éveillée (9) ; il se défendra, dans ses Mémoires, de lavoir pris, en 1846, pour le type de l’Improvisateur (10); Guizot

À. Inédit. 2. Corr. (1860), II, 203. 3. Corr., I, 140.

&, Comme ceux que lui donnait Ed. Plouvier, le 4 mai 1842 (cité par Mme Mennessier-Nodier, dans Charles Nodier, IT, 207).

5. Tocqueville estimait Royer-Collard pour avoir voulu réaliser, dans la Restauration, l’union de la liberté et de l'autorité ; il lui disait avec franchise que son rôle avait fini avec 1830. (TocQuEviLcE, Correspondance).

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7. «Son persiflage atteste que la génération forte de ce temps-ci est plus sérieuse que celle qui l’a précédée » (J., 193).

9, Son cabinet est «élégant et gracieux » ; sa toilette « plaît »; Vigny sent en lui «l’homme d’action prêt de bonne heure » (J., 288).

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