‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 234 sur 311 · Inédit. 3. Inédit · texte numérisé non relu

Inédit. 3. Inédit

leurs députés en tête, arrachèrent tout à l’administration en la couchant en joue.

« La voix sortie de l’arbre du pouvoir avait crié : Enrichissezvous ! Les fourmilières de lintrigue répondirent : Enrichisseznous |! — Et elles se mirent à dévorer ses pieds (1) ».

Vers 1846, le peuple recommence à s'intéresser à la Cour : les scandales ly conduisent (2). Comme il vient de l'écrire dans Wanda, la foule «.. se prépare à peser tout son poids dans les futurs hasards » ; opposition encore incertaine — elle le sera jusqu’au 24 février —, plutôt ironique et nerveuse qu'irritée. Le régime parait alors à Vigny «un taureau », aux flancs duquel on attache les banderilles de la tribune, de la presse ou de l’émeute. Le peuple ne le tue pas, mais il s’amuse à le faire piaffer, écumer, souffler, beugler et saigner. « Combien est profonde, écrit Vigny, l’erreur des princes qui s’imaginent pouvoir être aimés, et que les masses savent aimer |! De règne en règne, chaque famille se croit dynastie, et n’est qu’une troupe qui joue son rôle princier.. Le vœu des masses, le voici : n’avoir ni gouvernement, ni code (3) ».

S’en est-on douté autour de Louis-Plihppe ? L'opposition dynastique, fraction bourgeoise détachée de Guizot, ne craint pas une renaissance de l’esprit démocratique : « Aveuglement profond des hommes qui ne vivaient qu'entre eux, à l'ombre des couloirs de la Chambre ou dans le chuchotement des intrigues de leur salon. Ils ne regardaient au-delà qu'avec un dédain de vizirs ou de pachas (4) ».

Un homme, pourtant, voit clair, pressent la République et s’apprète à la confisquer : c’est Lamartine. Vigny n’a jamais cessé

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