Inédit
3. Il est vrai que cet éloge était tiède : « Au physique, dit Lamartine, quelque ressemblance avec la physionomie impériale des derniers Césars (sic) à l’époque de la décadence des hommes et des choses : la douceur d’Antonin et l'obésité de Vespasien » (LAMARTINE, Œuvres, 1860-66, IX, 29-30). Lamartine lui dénie le génie et l'audace (p. 31) mais lui concède de n’être qu’une «victime innocente » (p. 33) il vante sa bonté (Zbid., X, 383). La beauté de Marie-Antoinette est objet d’un très vif éloge (Zbid., IX, 34-35).
&. Les massacres de septembre sont racontés avec emphase et sévérité dans
de livre XXV (Zbid., XII, 96-129),
5. « I1 subit toutes les phases de sa fortune avec le stoïcisme d’un prince qui
-ne demande à sa patrie que le titre de citoyen et à la République que l'honneur de
qu’il eût mieux fait de se taire. Le bourdon s’exaspère alors et sonne la Terreur (1). Comme après 1830, Robespierre continuait à exercer une vive attraction sur la jeunesse : « Chaque adolescent entrevit dans ces récits un rôle à son usage, un habit à sa taille, et qu'il pourrait revêtir (2) », Ainsi, par dépit, comme Chateaubriand la branche ainée, Lamartine discrédite la branche cadette. « Deux plumes éloquentes ont été des leviers puissants pour renverser les Bourbons. Le dédain fait les Coriolans (3) ».
Mais si vive que soit la répulsion pour l’homme, Vigny ne devrait pas oublier qu’à la même époque, lui-même, de son côté, devenait républicain. En principe, il était indifférent à la question dynastique. À partir de 1845, devant le despotisme renaissant, sans aspirer encore à un Changement de régime, il se faisait « avertisseur ». Le discours académique avait des prétentions politiques.
La réponse de Molé fit de ce conseiller du régime, un adversaire. Vigny se renferma, d’abord, jalousement, dans le silence. Mais, on l’a vu, sa confiance était mortellement atteinte.
Pour la première fois de sa vie, il espère en une révolution. Il parle avec plus de haine des courtisans (4). Le spectre de la Terreur
mourir pour elle » (Livre XLVIII, chap. vin). Il excuse sa mémoire plutôt qu’il ne la grandit.
4. La terreur est racontée dans les livres IL et suivants. Lamartine marque sa faveur à Robespierre. « Il y a un dessein dans sa vie et ce dessein est grand. Il y a un mobile, et ce mobile est divin. il y a une action et cette action est méritoire; il y a un dévouement... absolu comme une immolation antique (Zb:d., liv. LXI, chap. xvi). Plus que cet éloge individuel, c’est l’éloge collectif de la Révolution, dans la péroraison des Girondins, qui dut irriter Vigny. «Jamais, dit Lamartine, peut-être, sur cette terre, à aucune époque, depuis l’incarnation de l’idée chrétienne, un pays ne produisit, en un si court espace de temps, une pareille éruption. Les trônes croulent. L’ Europe, intimidée essaye de frapper, et, frappée elle-même, recule pour regarder de loin ce grand spectacle (Zbid., liv. LXI, chap. xvu). La péroraison évoquait confusément une reprise des mêmes luttes : « Une nation ne doit pas regretter son sang, quand il a coulé pour faire éclore des vérités éternelles… Pardonnons-nous donc, fils des combattants ou des victimes ! Réconcilions nous sur leurs tombeaux, pour reprendre leur œuvre interrompue | » (Zbid., chap. xvirr).
2. En effet Lamartine achève son histoire au récit de la chute de Robespierre en rappelant qu'après lui, la Révolution se renia et se corrompit.