‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 239 sur 311 · DE Cusrins, La Russie en 1839, II · texte numérisé non relu

DE Cusrins, La Russie en 1839, II

2. Ibid., 1, 314-135. L'auteur ajoute : « Ce qu’on voit du premier coup en entrant au pays des Russes, c’est que la Société telle qu’elle est arrangée par eux ne peut guère servir qu’à leurs usages : il faut être Russe pour vivre en Russie ». Idée recueillie par Vigny dans un plan de Poème «.…. O vous, fille française..»(J., 244-245). Ce planest vraisemblablement antérieur à Wandaet Pepe qui y est

faite du noble forçat semble avoir passé dans le poème.

3. De Cusrine, La Russie en 4839, Custine n’est pas indulgent à l'aristocratie russe. Il montre de Troubetzkoï continuant à remplir des changes à la Cour : «Voilà

tamtit/ à delire

C’est cette histoire qui fut rapportée à Vigny par la sœur de la

comtesse Troubetzkoi, Mme de Kosakovska. Maïs il n'avait pas

attendu cette année 1847, où Tourgueneff publia un récit de même nature (1), pour composer Wanda ; en eftet, il existe du poème un plan en prose, daté du 22 juin au 4 juillet 1845, et qualifié par Vigny lui-même de « très beau ». (Il apprécie le sujet) (2).

C’est seulement deux ans et demi plus tard, le 5 novembre 1847, qu’il développera cette ébauche (3). Dans l’intervalle, il a mûri sa rancune contre Louis-Philippe. Il n’étouffe plus en lui-même sa haine du despotisme hypocrite.

Wanda est, comme tous les écrits longuement médités de Vigny, un poème complexe. L’éloge de la noblesse y figure (4). De même,

l'esprit, la dignité, l'indépendance de l'aristocratie russe »(Zbid., III, 456). L’expression de «femme forte » (premier post-seriptum, p. 251) est de Custine (DE Cusrine, La Russie en 1839, III, 150).

4. L'ouvrage de Tourgueneff est inspiré d’un esprit «progressif »comme eût dit Ballanche ; au t. III, 47e partie, chap.rr(« obstacles»), Tourgueneff note, et Vigny après lui:e Deux grands obstacles du progrès de la Russie, l'esclavage et la Pologne, le premier ne peut durer bien longtemps encore, il doit nécessairement disparaître par la force croissante de l’opinion.… Le second de ces obstacles, au contraire, provient de la position dans laquelle se trauve vis-à-vis de la Russie la Pologne conquise.. » (TourGUENErr, La Russie et les Russes, III, 58-59). Tourgueneff est impérialiste, mais il excuse l'ambition russe vers Constantinople, au nom de la civilisation : « Il semble qu’on n’apprécie pas à leur juste valeur ces mouvements qui, de temps en temps, portent certains peuples vers des pays éloignés, ce besoin d'expansion qui pousse la civilisation en avant, et lui fait envahir, entamer la barbarie par tous les moyens et sous toutes les formes... Tous les peuples civilisés de l’Europe ne devraient-ils pas applaudir aux conquêtes de la France en Afrique, aider de leur coopérationles entreprises des Anglais en Chine ? En s’imposant aux Hindous, aux Chinois, ils les font entrer dans la communauté des peuples. (Zbxd., III, 70-72). On se rappelle que, dans la Réponse d'Eva, Vigny avait projeté l’éloge des entreprises anglaises en Chine, russes en Circassie, françaises en Afrique. Enfin, Tourgueneff insiste, plus que Custine, sur l’abolition prochaine de l'esclavage, et il envoya, à ce propos, une correspondance aux Débats.

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