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la musique et au dessin (1). Il revenait par là aux goûts de son enfance. « Ce n’était que cela, me dis-je, après avoir mis mes épaulettes (2) ».
Le Roi licencia la Maison Rouge par ordonnance le 1€r septembre 1815, et, le 21 janvier suivant, le gendarme du roï dut quitter cet «uniforme rouge qui avait fait son orgueil (3) ». Ses camarades furent répartis dans les légions — régiments d'infanterie — avec grade de lieutenant : Vigny servit à la légion de Seine-et-Oise.
Les notes de service du jeune homme, en date du 30 novembre 1815, fournies par le colonel de Juigné, furent élogieuses pour sa moralité, ses principes, son instruction militaire. En février 1816, il semble désireux de se faire remarquer. Le 1€7 mars, Me de Vigny adresse au Ministre de la guerre une pétition où elle faisait état de la croix de Saint-Louis de son père (4) ; la pétition fut agréée ; et Vigny nommé, comme le demandait sa mère, au 5€ régiment de la Garde, avec le grade de sous-lieutenant (4 avril 1816).
Son père meurt le 15 juillet 1816 (5), sous les yeux du jeune homme, qui s’évanouit à cette vue (6). La douleur fut violente et courte ; la même année, passent dans sa vie des « amours de dixneuf ans (7) ». Il se sentait, par ce deuil, plus étroitement rapproché de sa mère, selon le vœu suprême du chevalier (8) ; mais il ne peut demeurer avec elle, puisque son service le retient en banlieue, à Vincennes ou à Courbevoie.
L'armée le déçoit aussitôt. Sa santé est encore frêle (9) ; l'atmossphère enfumée du corps de garde le fait tousser ; ses camarades s’en étonnent et rient. « Ce n’est que lorsqu'un homme est mort, notera-t-1l mélancoliquement plus tard, qu’on croit à sa maladie dans un régiment... (10) ». Les marches surtout lui étaient doulou-
1. Dans ce plan de Mémoires, il ne cite ni Théocrite, ni Virgile, alors qu’il a daté de 1815 Symétha et la Dryade.
2. Corr., 1, 58 (à Brizeux, 2 août 1815), 3. Dupuy, Jeunesse.…, 207.
k. Ibld., 207-208.