‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 27 sur 311 · Inédit · texte numérisé non relu

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les Malézieu, les Turgot : il répugne à eoudoyer la bourgeoisie comme tout ce qui sent son 89 (1), mais ilse trouve humilié parleur luxe, qu’il ne peut suivre. Qu’étaient ses ressources, solde de souslieutenant grossie d’une pension de 800 francs par an que lui faisait sa mère ? Son titre même lembarrassait : «Je sentais, dit-il, une sorte de disparate entre ce titre et l’état. d'une famille presque ruinée par la Révolution (2) ». L’équitation est un sport aristocratique : « F’aimais les chevaux, confesse-t-il, je ne pouvais pas en acheter (3) » C’est peut-être un souvenir de cet ordre qui a inspiré la seène de Chatterton où le poète, pauvre compagnon de riches petits lords, refuse la jument prêtée par l’un d’eux (4).

Par la force des choses, Vigny a déjà cessé, partiellement, de

vivre avec l’aristocratie. Ses camarades sont riches et frivoles : il est sérieux et pauvre.

Par ennui d’abord (5), puis par goût, il devint un travailleur nocturne. « Le temps de mes services, écrira-t-il, fut pour moi la seconde éducation. C’est la vraie, et la seule qui donne à l’âme son élévation et sa forme définitive. Grâce à la réclusion des régiments dans leurs forteresses, ma vie fut celle d’un jeune bénédictin ou d'un lévite et l’armée ne fut pour moi qu’un second lycée (6) ». Ailleurs (pour ses Mémoires) : « Mes silences et mes études dans les garnisons près de Paris. Excellentes pour le travail de cabinet. La discipline est la geôlière et impose l’obligation de rester chez soi. On peut sortir pour aller visiter les bibliothèques et les théâtres ».

I! n’est permis de deviner ses lectures que d’après ses œuvres. Les Mémoires sont muets sur ce point. « Rêverie. Amours de dixneuf ans. Poésie (7}». De 4816 à 1820, il a certainement Ju ou relu

1. «J'ai de mauvais pressentiments de cette alliance (celle de Lamartine) avec les libéraux cette récente Séparation de nous... Après avoir vu que le Faubourg Saint-Germain... Favait un peu délaissé, n’a-t-il pas voulu se faire un succès avec l’auire parti... » (3 oct. 1823, Corr., I, 10). Ainsi, les opinions royalistes de Vigny tiennent surtout à des préjugés mondains (nous, l’autre parti).

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