‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 278 sur 311 · PRE 2 ES · texte numérisé non relu

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parle pas (1) » (1862) ; « La divinité, une ou triple, est inconnue, invisible: et muette. Rends-lur silence pour silence ». Cet agnos-

ticisme a la fermeté d’une foi. Il écrit à une dame catholique que.

« Pédifice de ses idées » est «immuable (2) ».

Il juge sans indulgence le réveil du mouvement clérieal er France à partir de l’expédition d'Italie. Hostile par délicatesse morale aux provocations de l’athéisme, il se sent isolé dans le conflit, si net vers 1860;entre le catholicisme semi-officiel et les protestations matérialistes de l'art et de la science. :«« Deux courants, dit-il, emportent les lettres aujourd’hui: l'un vers les régions les plus basses du cynisme, l’autre, vers les plus belles hypocrisies du pédantisme catholique: (3)». La guerre que les catholiques font à Littré lui parait malhonnèête : « On a fait contre lui des citations que jai trouvées fausses et inventées. Mauvaise et fatale guerre ! » (30avril 1863) ; l’évêque d'Orléans qui mène la campagne « a tordu le fer dans la blessure (4) », S'il reçoit affectueusement les anciens compagnons d’armes qui viennent, parfois, s’asseoir près de son lit de malade, un Moncorps (5), un Turgot (6), il n’a que des relations brèves et sans doute décevantes avec le P. de Ravignan (7), il est froidement circonspect. avec Gratry (8) ; il met en garde sa filleule, Mne Lachaud, contre des discussions où il pourrait ébranler sa foi d’un « grand coup de raison (9) » ; ce n’est pas dans le

monde catholique qu’il choisit ses amis préférés (10). Depuis 1858, il est lié avec une famille juive, celle d’Auguste Franck. Son estime effrayée pour les Juifs du temps de Daphné

1. Œ. C. d'A. ps, V. Poèmes (Notes.et éclaircissements de M. Baldensperger), 372:

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