‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 32 sur 311 · Wazzuorre, Mél. Picot · texte numérisé non relu

Wazzuorre, Mél. Picot

9, Cf. Kramer, dans À. H. L., 1925, p. 105.

t impossible. Le manuscrit

chait la gloire, et, ne trouvant dans cette vie oisive, dans les habitudes frivoles des officiers de ce temps-là, que l'ennui et des dégoûts incompatibles avec son caractère, il revint après six mois recommencer à Paris des études fructueuses, parce qu’il les poursuivait sans distraction et sans maîtres (1) » Vigny a, de même, après la déception du métier des armes, cherché un divertissement dans le travail solitaire. « Charmé des Grecs, poursuit Delatouche, il forma son style sur leurs divins modèles, mais, frappé de lintolérante obstination de quelques esprits, … il résolut de s’en affranchir, … d'essayer des routes nouvelles, et consacra ce projet dans le poème intitulé V’Invention. » Vigny n’avait-il pas dû trouver l'année précédente la même invitation à s'ouvrir des sentiers nouveaux dans l’Essai sur les Institutions de Ballanche ? Plus loin, l’allusion au poème de l'Amérique devait plaire au lecteur assidu d’Atala ; enfin, celui que passionnait la lecture de la Bible ne put apprendre sans émotion que Chénier projetait « dans un poème de Suzanne, de s'emparer de la poésie des Livres Saints et de leur primitive élégance ». Dès 1820, Vigny ébauchera un poème de Suzanne, à l'instar de son grand devancier. Enfin, l’iniquité de la mort d'André, crime consommé par cette même Révolution qui avait dévasté le foyer des Vigny, achevait d’en faire au jeune officier l'image idéalisée de ce qu’il pouvait être lui-même, de ce qu’il redoutait et souhaitait d’être tout à la fois.

Mais le charme d’André Chénier agit sur Vigny comme un dissolvant. Non seulement son œuvre érotique maintenait le jeune homme dans la voie voluptueuse où il s’engageait en secret, mais, avec sa conception lucrétienne du monde, c’est tout le xvrrre siècle en bataille qui faisait irruption dans sa pensée nourrie de catholicisme. Vigny interprète la Bible dans un esprit tout profane, insinuant, sil ne l’affirme pas encore, l’idée de l'injustice divine : on le voit bien dans la Fille de Jephté, «reprise en style biblique de la Jeune Tarentine (2) » ; deux ans plus tard, en écrivant Moïse, Vigny obéira peut-être à une suggestion de Chénier (3).

Byron continue, avec éclat, ce que Chénier avait commencé. Vigny a pris contact avec Byron (4) par la traduction de Parisana

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