Inédit
2.« Le sort inhumain, écrivait Louis de Baraudin, m’a forcé parla plus affreuse :
misère à accepter un emploi dans le corps d’Hector. J'avais espéré que jamais je ne serais forcé à porter les armes contre ma patrie. Vaines espérances, L'infâme Angleterre, en voulant reporter la guerre dans notre patrie, a ordonné notre embarquement et par conséquent notre mort, Je Pai presque trouvée, ô le meilleur des pères, dans la journée du 16 juillet. Aujourd’hui un jugement à mort me prive à jamais de la lumière et du bonheur de vous revoir encore une fois... »(/nédit). La fin dela lettre (4 août 1795) renferme l'expression d’une croyance religieuse. Dans son étude sur Quiberon, 1795, Emigrés et Chouans, M. de Closmadeuc a retrouvé le nom de EL. de Baraudin (orthographié Barandin) parmi les condamnations rendues le 12 thermidor par la première commission militaire (ct Dinne) siégeant à Saint-Pierre, Cette commission prononça 114 condamnations du 9 au 19 thermidor. Le même jour que Baraudin (émigré noble) on condamna 10 émigrés nobles, 4 prêtre, 1 bourgeois, 4 chouan, 4 domestique.
Beaucoup d’accusés se défendirent en prétendant, comme L. de Baraudin, qu'ils servaient l’Angleterre contre leur gré, par misère, et qu’ils croyaient faire voile Sur Jersey, non sur la côte bretonne, L'auteur voit dans ce système de défense
trois mois dans le régiment d’Hector en qualité de sous-lieutenant ; il ne savait pas où il allait, lors du débarquement. 11 a observé que s’il avait su que c'était pour faire la guerre contre la France il ne se Serait pas embarqué », Le Heutenant de Kervensaël écrit à sa sœur avant de mourir : « Le gouvernement anglais … a eu la barbarie, après nous avoir dit que nous allions à Jersey, de nous jeter, Sur la côte de ma province » (0. c., 278, 285, 286, 289, 293, 295).