XII PRÉFACE
lière, la génération contemporaine devient la postérité (1) ». Et, selon le même journaliste, cette postérité verrait dansles Destinées un « pâle reflet des premières œuvres ». Le 45 avril 1864, Sainte-Beuve confirmait ce « déclin, mais un déclin bien soutenu » (2), admirait le « silence » de l’écrivain, raillait l'« Esprit pur », mais concédait : « Les philosophes ne le chasseront pas de leur république future ». Baume mélangé de fiel. Dans les années qui suivent, le discrédit l'emporte. La Revue elle-même, en louant l'écrivain qui l'avait aidée à naître, le plaint de n’avoir pas su se renouveler (3). Mal en cour, détesté des orléanistes, suspect aux républicains, Vigny n’a qu’un éloge réticent de Doucet et de Sandeau (4), de Cuvillier-Fleury (5) ou de Pontmartin (6), même de Leconte de Lisle (7). Ratisbonne paraît plus soucieux encore de faire aimer l’homme que de louer le poète (8); c’est aussi l'attitude de Lamartine (9). Anatole France (1868) l’aime et Padmuire, mais constate que sa tombe est « inconnue des jardiniers à qui personne ne la demande (10) ». Sur l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale, une main a écrit en marge : /nexact. Cette main est récente.
C. Doucet, directeur général des théâtres, E. Thierry, administrateur général, et les principaux sociétaires de la Comédie Française. ». Une amie, Mie d’Orville, écrit que l’assistance fut «aussi nombreuse que le permettait lasaison ». (SÉCRÉ, A. de V. et son temps).
* Cette erreur, répandue par Sainte-Beuve (R. D. M., 1835, t. IV, 213) était accréditée par le silence de Vigny. Son ami Barbier crut qu’il était tombé malade à soixante-deux ans (Souvenirs personnels, 265).