LAUVRIÈRE, o. cit
3. BAzDENSPERGER dans ses notes de l’Ed. de Cing-Mars, p. 530,
4, M. Estève a montré (Vico, Michelet et Vigny, R. U., 1909) que Vigny avant essayé de légitimer ses Considérations par la philosophie de Vico, que Michelet venait de traduire. Vico distingue en effet, comme le fera Vigny, le vrai métaphysique ou poétique du vrai physique (Vico, Principes de la philos. de l’histoire, p. 44); là se bornent les ressemblances. On ne saurait parler d'influence de Vico sur la genèse de Cinq-Mars, puisque Cinq-Mars parut avant la traduction de Michelet ; mais il y a influence évidente sur la défense de Cing-Mars, parue en 1833 avecla 5e édition du livre, Cette défense est spécieuse. Jamais Vico n’a prétendu qu'un romancier pouvait mutiler l’histoire pour créer des personnages de fantaisie : il a dit que les peuples avaient, dans leur phase primitive, une faculté de créer des allégories autour desquelles se cristallisaient les légendes. Hercule et Hermès sont des allégories collectives (Zbid., livre 1) ; Homère a été « non pas un individu, mais un être collectif, un symbole du peuple grec racontant sa propre histoire dans des chants nationaux » (Zbid., liv. III : Du véritable Homère, 249). Enfin Vico prend le mot poétique dans un sens spécial (métaphysique poétique (liv. IT) — origine des cultes) sur lequel Vigny semble équivoquer .
de la noblesse (1), Voltaire censeur du clergé (2), Retz (3), Bassompierre (4), Motteville (5), Monglat, Fontrailles (6), et d’autres mémorialistes, publiés alors dans la collection Petitot, ont une égale valeur à ses yeux. Richelieu a écrit ? Il lira Richelieu (7), quitte à n’en retenir que ce qui peut servir à sa thèse ; et pour diminuer le
‘P. Joseph, il recourt à une histoire ancienne assurément, mais sans
valeur (8). Il parcourt encore des manuscrits de l’Arsenal, registres où voisinent les relations les plus variées (9). Faute de
4. Montlosier avait indiqué plutôt que traité le sujet : « Ce n’est pas ici, dit-il, le lieu de rechercher l’action que la noblesse a pu avoir sur le caractère national, comment cette action a élevéla France au-dessus de toutes les autres nations du monde » (De la monarchie française, 364). M. Baldensperger a cité deux passages de l'Esprit des Lois (1. IL, chap. 1v, et surtout Liv. VIII, chap. vi et vu) affirmant que «les monarchies se corrompent quand on ôte peu à peu les prérogatives des corps » ; l’idéalisation de l’homme de robe (de Thou) a pu être suggérée par Montesquieu. M. Citoleux a rappelé quelques passages significatifs de l’Esprit des Lois: « Point de noblesse, point de monarque (Esprit des Lois, VIII, IV). La noblesse tend naturellement à défendre le trône (1b., VIII, IX). Peut-être M. Citoleux exagère-t-il, quand, après avoir rappelé que « Montesquieu ramène l’honneur au goût des privilèges » il signale que « ..… sa vie entière, Vigny eut l’amour et le regret des privilèges » (Cf. Cirozeux, Vigny historien. R. H. L., 1923) : Quand il rapproche de l’éloge du luxe, fait par Montesquieu (Esprit des Lois, VII, IV) lPidéal de Vigny, «seigneur magnifique, curieux d’adultères, etc. ». Je ne crois pas que Vigny ait cherché dans Montesquieu la justification de ses adultères. Sans doute l’auteur de l'Esprit des Lois a dit de l'honneur : « On n’y juge pas les actions... comme justes mais comme grandes » (Esprit des Lois, VII, Il). C’est bien la morale de Cinq-Mars.
2. Sans même en égaler la critique : « Il s’élevait superbement au-dessus de ces querelles de bibliothèque, » (Crrozeux, R. H. L., 1923, p. 57).
3. « À Retez, dit M. Citoleux, il empruntera des attitudes et comme un pêlemêle de conjurés » (Zbid., p. 59).
4. Bassompierre, peint par lui-même, est un besogneux sans grandeur : et M. Citoleux montre que Vigny place dans sa bouche un éloge de la noblesse que le romancier a emprunté à Montesqueiu (Zbid., 165).
5. Il suit Mme de Motterville pour certains détails (la magnificence sauvage des Polonais, par exemple) et pour le portrait de Louis XIII, non pour celui de Richelieu. Il lui emprunte le portrait d'Anne d'Autriche, dans la mesure où elle la fait séduisante (Zbid., 72 sv.).
6. Les Mémoires de Sully avaient paru dès 1821, ceux de Pontis en 1824, ceux de Retz en 1825, ceux de Montglat et de Fontrailles en 1825, 1826, etc.
7. Ainsi le Journal du Cardinal signale Cinq-Mars comme impie ; Vigny le fait pieux (Zbid., 165-167). Dans son Testament le Cardinal songe à relever la noblesse ; Vigny n’en fait pas mention (Zbid., 167).
8. C’est le libelle de l’abbé Richard, travail sans conscience exécuté en 1704. L'histoire des Diables de Loudun d’Aubin lui a fourni des détails sur le procès, sur la valeur de Fournier, etc.
9. Les plus utiles pour lui semblent avoir été Bibl. de l Arsenal 3559, Mélanges, comprenant : 1° Vie du Cardinal de Richelieu ; 20 (p. 29) Mémoires de la vie de