déc., J. dans R. D. M
9. « Les défauts de la pièce sont ceux d’un roman que l’on porte au théâtre » (Duruy, Alfred de Vigny, 217-218).
Vigny a pu se souvenir de certaines lectures entreprises pour Cing-Mars : ainsi
A4: * p ent | :
| s Ro ne ‘Rat NID
Porn
WE AA OO LA as Ha Pa Er LVIRAU)
La Maréchale, qui donne son nom à la pièce sans concentrer sur elle toute l’attention, participe de ces deux caractères, sentimental et social. Elle est femme, belle encore (1), douce et chaste de mœurs. Au faite des grandeurs, elle regrette « l’obscurité, l’oubli ». Elle est modeste comme le sera Kitty Bell. « Je passe ma vie, dit-elle, auprès de la reine-mère, ma bonne maitresse (2) ». Bonne épouse, elle est tendre mère. Elle blâme son mari de quémander à tout propos (3). Elle est bienfaisante, enfin, et le cynique Concini le Jui reproche. Le bourgeois Picard confirme sa bonté. C’est la pitié qui précipite sa ruine : il y a, sur ce visage de favorite, je ne sais quel reflet lointain d’Eloa.
Si Léonora est victime de son sexe, la marquise d’Ancre l’est de son rang. Ce n’est pas aux ministres, c’est à Charles X lui-même que s’appliqueraient les principaux caractères de sa grandeur et de sa chute. Autour d’elle, comme autour du roi, vit, et de ses largesses, une cour hypocrite, prompte à s'enfuir et à se rallier au vainqueur, après que ses faux rapports ont ruiné le souverain. L'acte III s’ouvre sur une scène de comédie amère où deux dames d’atours, Mme de Moret et Mme de Rouvres, également sèches, hautaines,. égoistes et dissimulées, échangent, avec un sourire, leur pressentiment des catastrophes (4).
C’est par Borgia que Léonora connaîtra, mais trop tard, le complot ourdi contre sa vie. « Le pouvoir et la richesse, dit Borgia, sont deux murailles impénétrables à tous les bruits. Malheur à ceux qui s’y renferment (5),etc. ». Déjà, s’ébauche, en Vigny, à la lumière des événements de 1830, l’idée que «le Pouvoir est toujours détesté ; et la haine qu’on a pour l’habit, cet habit la communique, comme une peste à l’homme qui le porte (6) ».
Parmi ces ressorts impurs ou débiles du Pouvoir absolu, de Luynes, Déageant et Thémines constituent un groupe, caractérisé par la trahison (7). De Luynes passe de la politesse obséquieuse à la férocité sadique ; l’argent est son principal mobile. Deageant est l’homme de loi, bon à toutes les besognes ; il conduit le procès de Léonora comme Lactance et Laubardemont menaient celui d'Ur-
le recueil de l’ Arsenal (aujourd’hui n° 2648) renfermant des « arrêts du parlement » dont les arrêts « d'instruction et de jugement qui ont été rendus tant contre le maréchal d’Ancre que contre Léonora Galigaï, sa veuve, leurs complices et adhérents » (Arsenal, pièce citée, 335) on y voit la condamnation « pour raison des impiétés entreprises contre l'autorité du roi... lèse-majesté divine et humaine » {ibid., 442).
4. La Maréchale, I, sc. 3. 2, Ibid. 3. Ibid. 4. Ibid, IL sc. 4.