‹ La Pensée Politique et Sociale d'Alfred de Vigny: Documents InéditsChapitre 83 sur 311 · J., 707 (übid.) (2 janv · texte numérisé non relu

J., 707 (übid.) (2 janv

7. Le jugement de Vigny concorde assez bien avec celui de Louis Blane :

«Cétait un homme d’une intelligence singulièrement vigoureuse... d'un cœurfroid. H yavait-enlui, en dépit de sa profession de libéralisme, un vrai fonds d’in-.

différence » (Louis BLANC, Histoire de Dix Ans, M, 175-176).

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de leurs efforts (1); il n’a dans Paris qu’une mention de quatre vers :

« Läüberté ! crie un autre, et soudain la tristesse, etc. (2) »

La Mennais est l’objet d’un hommage plus détaillé sinon plus confiant. Il «soutient en pleurant la croix dépossédée ». Vigny a été ému par la brusque irruption de l’anticléricalisme dans la vie sociale. « À cette époque, écrit un historien catholique, commençait la chasse aux robes noires, aux jésuites, aux capucins. Les processions étaient poursuivies à coups de pierres, les croix de mission culbutées ou trainées dans la boue (3)». Les pamphlets et les pièces anti-religieuses jouissent d’une brève, mais immense faveur populaire (4). La Mennais, qui n’a jamais eu de passion pour la monarchie (5), s’est rallié, sans attendre, à la liberté politique (6).

L’Avenir avait été fondé le 16 octobre 1830, et Vigny suivait ses efforts avec sympathie. L'idée d’un clergé pauvre, caressée par Montalembert, souriait au gentilhomme pauvre ; il accepte, désire même une entrevue avec La Mennaïs, bien que ses scrupules de

1. Corr., II, 17 ; J., 77. Les dernières manifestations oratoires de Benjamin

Constant semblent se placer le 8 nov., le 20 nov., le 26 et le 29. Le 8, il disait :

« On a fait un crime aux nouveaux journaux d’avoir pris la défense des Clubs. J’ai dit mon opinion sur les Clubs. Je les crois inutiles quand la presse est libre ; je les crois fâcheux par l’effroi très fondé qu’ils inspirent » (Moniteur, 10 RO V., P. 1434). Le 20, il parle en faveur de l’enseignement primaire : « Je demande à quoi bon un certificat de moralité ? C’est une idée renouvelée des certificats de civisme qu'on demandait pendant la Révolution (Mouvements divers). Il semble qu’à toutes les époques on se soit plu à représenter les hommes comme une race stupide et aveugle » (Tbid. 21 nov., p. 452. V. encore 27 nOV., p. 1970 et 29 nov., p. 1582). La Fayette parla ainsi sur sa tombe : « Nous avons eule touchant spectacle de ce corps s’éteignant graduellement sous nos yeux, tandis Œue Son'esprit lançait encore du haut de la tribune les plus vives lumières : mais il lui a été donné de saluer les premiers rayons du soleil de la liberté se levant encore une fois sur Ÿ Europe en rayons qui, apparaissant d’abord sur le vieux dôme tricolore de notre Hôtel de Ville, se prolongent aujourd’hui sur les plaines de Belgique, sur les montagnes de la Suisse, el jusque sur les bords de la Vistule » (Moniteur; 14 déc., p. 1700).

2. Ici encore Louis Blanc pense comme Vigny : « Dans ces pompeuses funérailles, dit-il, le libéralisme venait de se célébrer lui-même » (Histoire de Dix ans, 11477);

3. De Broglie, cité-par Thureau-Dangin (Histoire de la Monarchie de Juillet, I, 208).

4. Vigny cite, avec indignation, l’Incendiatre et La Terreur en 1815, représentées à la Porte-Saint-Martin, où le clergé était peint d’une main hostile (Lettre à l'Avenir).

9. Lamennais disait à Foisset, dès 1828 : « C’en est fait à jamais des Bourbons, je voudrais que c’en fût fait demain » (cité dans SPULLER, La Mennais, 146)

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