R. D. M., J., 698 (Journal.du 21 août
4, Chatterton aussi placera le Roi « au pavillon » tandis que le peuple est à la
manœuvre, les lords au gouvernail, les communes à la boussole : c’est une conception whig, qui tend à amoindrir l’influence du roi. Le vrai Chatterton, ce dont Vigny se souciait peu d’ailleurs, avait diffamé lord North, le ministre favori de George III. 5. J. (R. D. M.) 700-701. 6. Jbid., 703.
rentées, mais rivales, et incomplètement gagné par chacune d’elles. Il est plutôt buchézien ; pourtant, le 17 janvier 1831, il fait à l’« industrie » — traduisez à Enfantin — Ia concession suivante : « Sans état, sans propriété, pourquoi ai-je voulu soutenir la propriété ? Parce que l’attaque a été faite avec violence et que je hais cette violence qui met la force physique au-dessus de la force spirituelle. … Mais que sa forme soit la persuasion et je la favoriserai (1) ».
Le Globe du 9 mai 1831 commente Paris en termes maladroits mais d’un prosélytisme exalté.
« Voilà M. de Vigny, dit le journal d’Enfantin, qui, contemplant au sein de Paris tout le mouvement de cette civilisation en travail d’un monde nouveau, aperçoit par-dessus les autres notre temple et passe dédaigneusement en niant notre Dieu |! Pauvre poète malade ! Tu cherches ardemment. le remède, et tu le repousses quand il se présente à tes lèvres altérées !
… C’est surtout à M. de Vigny que ce langage s’adresse. De toute P'École romantique, c’est lui qui est doué de la nature Ia plus religieuse ; le mystère chrétien dont il s’est inspiré dans ses premiers poèmes ne lui suffit plus ; dans cette Ælévation, on le sent triste, afiligé ; le scepticisme qu’il affecte, on le voit bien, lui pèse, lui fait mal. Nous aussi, nous avons pleuré notre foi perdue ; notre foi s’est ravivée forte et brillante, nous avons cru à un avenir de bonheur pour nous-même et l’humanité (2) ».
Pendant plusieurs années, Vigny parlera des Saint-Simoniens avec une sympathique modération. Vers 1832, il loue la doctrine de vouloir détruire la domesticité (3) ; vers 1836-1837 il rappellera avec émotion « ces hommes jeunes et beaux... [qui] essayaient de fonder une société nouvelle (4) » ; à la même époque, 1l souhaïtera comme le voulaient les Saint-Simoniens, une réforme de lhéritage : «Il est trop impie, dit-il, que tous les fils calculent les jours de tous les pères (5) ».
Moins hardi, et déjà ramené à des idées à demi chrétiennes, Buchez a fondé le journal l’'Européen, avec le concours d’anciens Saint-
Simoniens comme lui, que dégoûtait Enfantin ; l’un d’eux, Roux- Lavergne, ne tarda pas à l’abandonner pour revenir au Christianisme ; mais Buchez «ne voulait sacrifier à aueun prix aux préjugés actuels du clergé les idées fondamentales de la doctrine : le