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progrès considéré comme loi universelle, la réalisation sociale de
la morale chrétienne, l'identité des principes de cette morale avec ceux de la Révolution (1) ». L’ami de Vigny, Bois-le-Comte, restait son disciple ; c’est peut-être pour Buchez que Vigny écrivit ces strophes, dont s'étonne, à bon droit, plus d’un commen-
+tateur (2) :
La vie est un vaste atelier, etc. (3).
Dès 1830, Vigny avait transfiguré le mythe d’Eloa à la lumière du Saint-Simonisme. La doctrine enseignait qu’ « après l’anthropophagie vint l'esclavage, puis le servage, enfin l’exploitation actuelle de l’ouvrier par le capitaliste (4) ». « Je continuerai, dit le poète, Æloa ainsi : Eloa est condamnée à animer successivement le corps de l’esclave dans lPantiquité, du serf au Moyen Age, du salarié moderne (5)». Le meilleur de cette inspiration sociale, dégagé des formules du Saint-Simonisme, devait. passer dans Stello, Chattierton, et les chapitres d’introduction de Daphné.
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Hors des écoles et des sectes, Ballanche n’a pas sa place dans Paris : et pourtant, à la même époque, nul n’a sollicité plus profondément la pensée de Vigny. Mais cette action a été forcément désordonnée et fragmentaire.
En 1831, l’auteur de la Vision d’Hébal achevait le cycle de son œuvre ; la Ville des Expiations, parue par extraits dans la France Littéraire, de 1832 à 1835 (6), devait toujours rester inachevée., Mais il cessait d’être dédaigné ; des éditions complètes se succédèrent en 1830 et en 1833 ; la Revue des Deux-Mondes naissante publiait dans son tome [I (1831) un « Essai. » où Barchou de Penhoën analysait avec ampleur et lucidité la « Palingénésie sociale ». « De nouvelles terres sociales se montrent à nous dans l’avenir, disait le critique, vers lesquelles ceux qui marchent à la tête des peuples ont. mission de les conduire (5) » : Vigny y retrouvait l'accent, presque les termes de sa Préface de 1829. Depuis 1818,
4, Œuvres de Buchez, Introduction par Ott (en tête du 4er volume), p. xxxr1-