Les Néophytes) L’ Almeh, même éd
4. Après 1830, Vigny, dit-on, aurait couru embrasser Peyronnet, en signe de fidélité reconnaissante ; ceci parait plus que douteux ; quelle reconnaissance lui avait-il ? (MiREcOURT, 0. ec. 19). |
5. Deux hommages fugitifs sontrendus àla monarchie: « Le Musée Charles X... pardon de la liberté grande. » (St., 27) et l'éloge de Marie-Antoinette dans la lettre à l’ Avenir (Ed. Séché, 230). Quant à l'éloge de certaines familles, comme Charette, ruiné pour la duchesse de Berry (J., D. R. M., 714) ou pour les Montmorency et l’aristocratie féodale et territoriale que constituait cette maison (2b., 705) ce n’est même pas, nous semble-t-il, un écho de la thèse de Cinqg-Mars, mais une attaque détournée contre l'aristocratie orléaniste, qu’il juge vénale ou mercantile,
6. J., publié dans Les lettres, 1906, p. 281 et sv. Vigny fait une allusion moqueuse à son mariage avec M. de Montron (S%., 261). 7. V. ci-dessus, chap. 1er,
un peu sceptique ; toutefois, Vigny ne peut s'empêcher de prêter à cet « honnête vieillard » une « certaine vieille chaleur militaire » qu'il avait vue en honneur à son foyer, et, devant Robespierre, en grimaçant au seul nom de « citoyen (1)»,on croit revoir en M. de Chénier les embarras de M. de Vigny devant le Comité de surveillance de Loches. M. de Chénier, usé par l’âge, l’est aussi par le rang, idée nouvelle à Vigny (2).
Me de Saint-Aignan, image idéalisée de la noblésse, joint l’intrépidité au désintéressement (3). Mais Vigny ne se fait-il pas seulement l'avocat de sa propre cause, quand il écrit : « L’habitude du grand monde et d’une continuelle aisance élève l'esprit au-dessus du luxe que l’on voit tous les jours, et ne plus le voir est à peine une privation (4). » Paradoxe confirmé par ce qu’on sait des misères de maint émigré, vaillamment supportées, et, surtout, trait d’autobiographie : Mme de Vigny passait pour avoir travaillé de ses mains, aux heures de gêne. De plus, cette figure angélique aux puretés Lliales ne l’a-t-on pas vue déjà au Maine-Giraud sous les traits de Mme Sophie de Baraudin (5) ?
Mais Vigny, ambitieux de faire une œuvre vraie, a restitué à l'amour sa place parmi les soucis suprêmes des détenus de Saint- Lazare : « Un salon... s'était formé dans cette prison... (6) ». Il faudra l’inimitié obstinée du comte Molé pour lire dans cette scène du Réfectoire une insulte aux prisonniers (7). Chénier, d’ailleurs, entre autres témoins, garantissait la vérité du tableau (8). Mais