‹ La pensée religieuse dans le Nouveau TestamentChapitre 29 sur 78 · LE ROYAUMB DE DIEU REALISE · texte numérisé non relu

LE ROYAUMB DE DIEU REALISE

réflexion attentive *. Dans Tardeur delà prédication, la vue nette et précise des moyens à employer s'impose mieux que dans une délibération calme et suivie. Le cercle apostolique se présente comme un lieu de refuge pour ceux des Israélites qui veulent séparer leur sort de celui de la nation perverse. (Actes, II, 37-41 , m, 19-20). Alors pour y entrer, pour en faire partie et pour manifester les sentiments intérieurs qui poussent à cette démarche^ le baptême se présente comme la cérémonie naturelle. Par le baptême, le Juif rompt avec son passé de Juif, avec la solidarité qui l'attache à son peuple, et en même temps il entre comme une nouvelle créature dans une nouvelle société dont il accepte et désire la solidarité. Le baptême, d'autre part, suppose la repentance, non seulement la constatation que le peuple dans sa conduite à l'égard de Jésus a fait fausse route et s'est rendu coupable d'un grand péché, mais la confession de son propre péché et la décision d'y renoncer. Et ce que le cercle apostolique offre à ceux qui désirent participer à ses destinées, c'est le pardon des péchés qui n'est pas du tout l'effet magique de l'eau baptismale, mais la conséquence morale certaine d'une repentance sérieuse et profonde ; c'est encore le don du Saint-Esprit, qui n'est pas

*■ « Il ne s'agit pas ici en parlant du Saint-Esprit d*une régénération intérieure, mais d*une impulsion donnée par Dieu à Tindividu pour le faire agir ou parler dans Tintérêt de la cause évangélique... Chaque mouvement dans Fhomme qui aboutit à une manifestation de sod activité au profit de TEvangile, est attribué à une impulsion spéciale du Saint- Esprit. D (Reuss.) a L*esprit est pour les apôtres le principe de dons surnaturels, mais non d'une nouvelle vie morale, d (Weiss.) Nous croyons ^u'en effet il s'agit ici d'une activité missionnaire attribuée justement à rinfluence de Dieu. Mais nous ne comprenons pas comment cette influence s'exercerait ailleurs que dans la sphère de la vie morale. G*est là précisément la seule explication possible de la Pentecôte, une modification de vie morale chez les apôtres, les poussant à la hardiesse du témoignage et de la prédication. Nous avouons ne pas comprendre l'explication de Sabatier : « Le principe chrétien, objectif et extérieur jusque-là dans la personne de Jésus, passe en ce moment et se réalise intérieurement dans l'àme de ses disciples. C'est le jour où le souvenir est devenu la foi. »

un pouvoir magique ou un privilège, mais la bénédiction de Dieu sur l'homme fidèle et sincère qui reconnaît ses fautes passées et sa faiblesse profonde, qui se sent incapable de remplir joyeusement son devoir, sans le secours de Dieu.

Il ne faut parler ici ni d'une évolution, ni encore moins d'une révolution. Il s'agit d'un simple épanouissement. Tout cela était contenu en germe dans l'expérience précédente du cercle apostolique. La certitude toujours plus forte pour eux que Jésus était bien le Messie, et la connaissance toujours plus assurée de cette preuve décisive, la résurrection du Crucifié, devaient nécessairement aboutir à la prédication publique décidée et convaincante de la messianité de Jésus, du crime du peuple, de la nécessité pour chaque Juif de condamner la conduite de sa nation et d'en dégager sa responsabilité. Un seul obstacle subsistait : la timidité des disciples, leur crainte des autorités religieuses de la nation, la conscience de leur inhabileté comme orateurs, de leur incompétence comme convertisseurs. Cet obstacle est renversé par l'œuvre en eux du Saint-Esprit ; le courage leur vient à tous, l'assurance qu'ils sont entre les mains de Dieu et la confiance en Celui qui les inspire.

Mais que proposer aux Juifs, quand on les place ainsi en présence du crime commis par eux en abandonnant et en condamnant leur Messie? N'y a-t-il pas une réparation possible, n'y a -t-il pas un conseil pratique à leur donner ? Ne faudrait-il pas profiter de l'impression produite pour les amener à une démarche décisive ? Les Juifs ne peuvent pas renier leur peuple ; ils sont donc Juifs et restent solidaires de leurs compatriotes. Mais voici, il y a heureusement des Juifs qui n'ont pas participé au meurtre de Jésus, qui lui sont restés attachés après son supplice, ce sont les disciples réunis en cercle apostolique. Il faut que tous les Juifs qui sentent l'horreur de la condamnation de Jésus et n'en veulent pas porter la responsabilité s'attachent au cercle apostolique, déclarent publiquement prendre parti pour les disciples. C'est ainsi que la situation même appelait les disciples à attirer

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