L EVANGILE PAULINIEN
ici qu*un prolongement chrétien inconscient, resté intact dans la pensée, de la conception juive de la prédestination, ou si nous n'avons qu'une hypothèse théologique sortant de de la grande pensée de la toute-science de Dieu, nous n'avons pas à nous eninquiéter. La seule raison que nous puissions avoir d'y prendre garde et de conserver sérieusement ces expressions et ces formules, c'est la certitude pour nous qu'elles résultent directement et nécessairement de l'expérience chrétienne de Paul, car c'est là tout ce qui pour nous fait autorité.
En réalité, Paul ne parle jamais que de la prédestination des disciples, et il affirme seulement que Dieu a de longtemps reconnu en eux ce qui les rendait aptes à devenir disciples, qu'il a tout préparé dans leur vie pour les mettre en présence du salut, et qu'au moment décisif où leur liberté a dû se prononcer. Dieu avait déjà pourvu à la suite de l'éducation de leur âme dans le cas d'une acceptation et dans l'hypothèse d'un refus. Alors quand l'homme ainsi prédestiné s'est soumis à l'expérience de la justification, il se trouve comme choisi (Rom., i, 6-7; I Cor., i, 1-2), trié du milieu des autres, élu. Paul ne parle jamais d'une prédestination à propos de ceux qui ne sont pas disciples. 11 passe sous silence leur cas, il ne s'en préoccupe pas. Mais nous avons vu comment il faut compléter sa pensée, pour rester fidèle, non pas à la logique, mais à ses expériences.