‹ La pensée religieuse dans le Nouveau TestamentChapitre 58 sur 78 · XII. BEJBT DES JUIFS · texte numérisé non relu

XII. BEJBT DES JUIFS

Paul aborde ensuite un deuxième point plus délicat. 11 faut qu'il fasse sentir aux Juifs que Dieu a été obligé de reconnaître que la nation élue n'est plus un élément favorable pour lui.

n'est plus rinstrument dont il peut se servir en vue de son œuvre de salut (Rom . , x) . Tout d'abord il rappelle que T Ancien Testament a prévu et annoncé ce qui se passe (Rom., ix, 27- 29). A l'avance les prophètes ont vu une partie du peuple élu rejeté, et à la place les Gentils en nombre incorporés au reste de la nation. Longtemps à l'avance Dieu a discerné dans le peuple les germes de la disposition qui actuellement le fait rejeter.

Mais il faut entrer dans l'examen de ce qui rend Israël impropre à propager désormais l'œuvre du salut de Dieu (Rom., IX, 30-32). C'est uniquement l'usage que les Juifs ont fait des faveurs de Dieu. Dieu a donné au peuple d'Israël la circoncision (Rom., ii, 25-29), comme symbole de lapurifica* tion nécessaire de toute la vie de chaque individu. Ce n'est pas en soi un privilège, mais un engagement du peuple et par conséquent une responsabilité pour lui. Mais il se trouve que le peuple y a voulu voir ou un acte magique, suffisant à purifier l'individu, ou un acte méritoire, le rendant digne des bénédictions de Dieu. C'est une aberration profonde. La circoncision est absolument inutile si elle n'est pas accompagnée de l'obéissance à Dieu, de la purification du cœur. A tel point que le circoncis pécheur est en réalité un incirconcis, et que l'incirconcis soumis à Dieu se trouve en réalité aux yeux de Dieu un circoncis. Ainsi les symboles et cérémonies sont fort utiles sans doute, mais non indispensables, l'essentiel c'est ce qu'ils sont destinés à rappeler et à représenter. Or la circoncision n'a pas d'autre but que de rappeler au peuple non pas qu'il est consacré, mais qu'il est appelé à se consacrer à Dieu. Par conséquent la circoncision s'est trouvée une cause d'égarement pour le peuple d'Israël.

Dieu a encore donné au peuple la Loi (Rom., ii, 17-24 ; Galat., III, 19-24), afin de lui faire connaître en détail avec sûreté sa volonté. C'est une lourde responsabilité, car cette lumière plus exacte et plus complète exige une obéissance plus empressée et plus fidèle. Mais il se trouve que le peuple y a voulu voir un privilège, a méprisé les païens qui ne con-

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naissaient pas aussi bien que lui la volonté de Dieu, et s'est contenté pour lui d'une étude toujours plus minutieuse, méticuleuse de la Loi, au lieu de chercher à y conformer véritablement sa conduite. Mais la possession de la Loi n'est pas seulement une inutilité, c'est encore une aggravation de culpabilité, si eUe n'est pas mise en pratique. Par conséquent le don de la Loi s'est trouvé pour Israël une occasion de malédiction.

Or Israël considère si bien la circoncision et la Loi comme des privilèges nationaux, qu'il ne veut servir d'instrument que pour la propagation d'un salut strictement subordonné aux conditions de la circoncision et de la Loi, en sorte qu'il prétend imposer à Dieu sa conception radicalement fausse de la circoncision et de la Loi. En fait, Dieu reconnaît que les moyens employés jusqu'ici n'ont abouti ni au salut réalisé chez les Juifs, ni à la propagation du salut dans l'humanité. Il veut avoir recours à d'autres procédés, indépendants de la Loi et de la circoncision. Mais Israël refuse de le suivre et de le servir dans ces nouvelles voies. En vérité, Israël se trouve le vase artistique devenu impropre à sa fonction et qu'il faut mettre de côté. Dieu en effet n'est pas arrêté par l'obstination, par l'entêtement des instruments dont il s'est servi. Puisque l'éducation par la circoncision et la Loi ne lui a pas formé l'instrument souple dont il a besoin, il va laisser de côté Israël. Il constate que la voie de la justice légale n'est pas une voie qui aboutisse. Dieu en ouvre une nouvelle, celle de la grâce et du pardon, de la foi et de la justification, de la vraie sanctification par l'Esprit. Mais dans ce domaine, ce n'est plus à Israël que pourra être confiée l'œuvre du salut.

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