‹ La pensée religieuse dans le Nouveau TestamentChapitre 64 sur 78 · JEAN L*APÔTRE I. LE DISCIPLE DU BAPTISTE · texte numérisé non relu

JEAN L*APÔTRE I. LE DISCIPLE DU BAPTISTE

Nous allons essayer de nous rendre compte des expériences de l'apôtre Jean, d'après les renseignements très peu nombreux et très insuffisants que nous possédons, pour nous poser ensuite la question si délicate et si controversée de l'authenticité des ouvrages qui lui sont attribués. Parler de Jean dans la maison de son père, c'est vouloir en l'absence de tout document arrêter quelque trait du caractère de cet homme, inexplicable par d'autres conditions; ce sera donc en désespoir de cause que nous en reviendrons à attribuer h l'influence de sa famille telle ou telle disposition de Jean.

Le premier élément parfaitement clairet indiscutable, c'est l'action sur lui de Jean-Baptiste. Le fils de Zébédée fut disciple du Baptiste (Jean, i, 35-40). Nous sommes certains que Jean n'avait pas attendu la rencontre de Jésus pour atteindre sa majorité morale ; il savait très exactement ce qu'il voulait

OU du moins ce qu'il désirait. Nous pouvons déterminer dès maintenant sa préoccupation principale ; c'est la venue du règne de Dieu, c'est l'approche des temps messianiques, c'est la réalisation des glorieuses promesses faites aux ancêtres. Nous pouvons aussi comprendre la prépondérance donnée par lui au côté moral du messianisme, nous devons affirmer que Jean n'est pas avant tout un patriote ardent, mais un être religieux et moral qui admet d'emblée que la vraie préparation du royaume de Dieu, ce n'est ni la formation d'une bonne et nombreuse armée, ni de grandes richesses, ni un soulèvement général de la nation, mais la repentance individuelle. En tout cas si ces dispositions ne sont pas déjà bien précises et bien conscientes en lui au moment de l'apparition du Baptiste, elles s'affirment et se développent sous sa direction.

Pouvons-nous déterminer plus exactement l'état d'esprit de Jean sous l'influence du Baptiste ? N'est-il pas permis de penser que deux traits des prédications du prophète de la repentance se gravèrent profondément dans la pensée de son disciple? D'une part cette assurance de la réalisation prochaine, éclatante, glorieuse, des promesses messianiques, l'attente des grâces exceptionnelles de Dieu, de la gloire souveraine, des privilèges extraordinaires et inouïs réservés aux Juifs fidèles, qui, se soumettant à l'œuvre préparatoire du Baptiste, assisteraient à l'inauguration solennelle du royaume. D'autre part, les tableaux terribles, redoutables, effrayants que le Baptiste traçait du sort des infidèles, des injustes, des incrédules, la certituded'un jugement épouvantable s'abattant sur les coupables et les indignes. La pensée du jeune disciple du Baptiste se meut déjà entre ces deux extrêmes : la félicité suprême des uns, l'angoisse, la souffrance, le tourment redoutable des autres. Dans l'avenir très rapproché, il n'y a place que pour cette double perspective. De là comme un ferment déposé en son cœur d'amour et de haine, d'une douceur et d'une tendresse sans bornes pour les fidèles qui participeront avec lui aux joies du royaume, d'une

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dureté impitoyable pour les indignes et les incrédules à qui se trouvent réservées les angoisses du jugement.

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