Œuvres, VIII, p. 327-328 et V, p. 2H
1771 IT'J r.9
I la dialectique, dans la(|ucllc le 1.1;.^^...^:-
ent emprisonnait la raison ; vivant dans une
< grande attente > et voyant» dans la révélation
inômei € des raisons de prévoir une révélation do
Il révélation », ils comptaient sur l'enthousiasme
spire, sur l'intuition prophétique, pour atteindre,
ir l'élan spirituel, jusqu'à certains mystères
doutables. Et voilà qu'en cinglant ainsi vers
l'invisible, la rêverie de Saint-Martin découvrait
dvs doctrines où le catholicisme retrouvait
(|ii<'lques vestiges de sa propre foi; il saisissait,
<lii ^ chacune de nos facultés, des traces de
(Ii^chéance; il présentait le mal physique comme
1114) conséquence du mal moral; il expliquait les
icrifices et le plus auguste de tous, la Rédemp-
li II. en considérant le sang comme une sorte de
iiartif à laide duquel la matière était précipitée
Il lis les bas-fonds, et l'esprit rendu à la liberté :
il glorifiait, enfin, les mécanismes de réversibilité
(Il vertu desquels l'innocent souffre pour le cou-
Adolphe Franck, plus tard, confrontant ces thèses de Saint-Martin avec les Soirées de Smnt" Pétersbourg, fera de Maistre un débiteur dut philosophe inconnu* ». Comme si, pour croire à la
i. Adolphe Franck, La phUosophie mystique à la fin du
txvui* siècle. (Paris, Germer Baillière, 1866), et surtout Journal
Providence et au péché originel, à l'efficace du sang rédempteur et à la solidarité des hommes devant Dieu, Maistre avait eu besoin d'un autre Credo que de celui de ses maîtres jésuites ! Mais les convergences mêmes entre Filluminisme et ce Credo devaient intéresser Maistre. Il les montrait du doigt, parfois, à ses interlocuteurs martinistes. Se moquant de leur phraséologie bizarre, qui désignait, sous le nom de pàtiments, les épreuves infligées aux coupables, il écrira en 1810 :
« Souvent je les ai tenus moi-même en pâtiment, lorsqu'il m'arrivait de leur soutenir que tout ce qu'ils disaient de vrai n'était que le catéchisme couvert de mots étranges ^ »
Et tandis que les martinistes, au point d'arrivée de leurs spéculations, rencontraient ainsi certains aspects du catéchisme catholique, ils avaient en Allemagne des cousins germains, les piétistes, qui rencontraient le catholicisme, eux, dès le point de départ de leurs élans, puisqu'ils prenaient pour guides et pour oracles, tout protes-
des Savants, 1880, p. 246-256 et 269-276. — Amédée de Margerie, op. cit., p. 429-442, soumit à une critique très serrée cette thèse do Franck, et rappela que le chapitre m des Considérations, où s'esquissent déjà les idées fondamentales des Soirées, est antérieur de six ans au Mmistère de l'homme esprit, de Saint-Martin.