Œuvrât, XIII, p
qu'ils vii'imrnl «Ir <lt'<niivrir se trouvait «iéjà dans Ic) catécliisinc : mais rmUinucr» cependant, d'aller uvcc ru\ à la (Itionvcrte, comme dignitaire d'un or^anisnie d'études religieuses dénommé le rite écossais : c'était assurément une attitude originale, et cette attitude exprimait, par ses complexités mômes, la fiévreuse ardeur d'une curiosité intellectuelle, le bouillonnement d'un esprit
>oiffé de comprendre l'homme, assoiffé de comprendre Dieu. Nous la verrons plus tard, sous «••Ttaines influences, se corriger et s'assagir;
lis qu'elle eût été complètement inféconde, * ( st ce que Maistre n'admettra jamais; et les pages mômes où il se montrera le plus détaché de l'illuminisme avoueront encore quelque dette de sa pensée, et laisseront transparaître, presque malgré lui, ces soubresauts d'attachement tenace que suscitent les souvenirs d'une lointaine jeunesse'.
Xavier de Maistre, co marge du manutcrit d< trit-Pcterabourg, écrira, à propos du pitMg« sur U dégradation du sauvage {ifSuvrvs, IV, p. 82) : « Là fin de ce paragraphe est trop singulière et ressemble à Ssint-Martia. » (Alfred Berthier, op. ci/., p. 246).
RENCONTRE ENTRE LE (( FATALISME )) DE MAISTRE ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Lorsque les regards du jeune magistrat savoyard retombaient sur son « cercle étroit » de Ghambéry, il ne voyait « que de petits hommes, de petites choses ». « Suis-je donc condamné, songeait-il, à vivre et mourir à Ghambéry, comme une huître attachée à son rocher »? Et, « souffrant beaucoup », il se sentait « la tête chargée, fatiguée, aplatie, par l'énorme poids du rien ». C'est en ces termes que, vingt ans plus tard, dans une lettre à son frère Nicolas, il évoquera ces mélancolies du temps passé*. Mais les voici qui devant nous ressuscitent, toutes frémissantes
\. Œuvres, IX. |). 331.
1774-17Ui 65
1 une iinpiiiriih' fébrilité, dans cet lignes qu'en 1785, sou^ la^suut même d'une vague de tristesse, il griiTonnail pour le marquii de Barol : < Le besoin de produire, gémisnait-il, le besoin <ie produire, sans aucune explosion possible! 11 y A de quoi crever. Jugez delà fermentation, (i'est tout juste la machine de Papin. »
H voulait donc produire. Lire encore, lire toujours, entasser notes sur notes, ne suffisait pas t i fièvre. En lui des idées s'accumulaient, qui voulaient exploser, rayonner.
c Quelquefois, continuait-il, pour me tranquilliser jt^ pense (sincèreai'mt. sur mon honneur) que ces ospèces d'inspirations qui m'agitent comme une pytiionisse ne sont que des illusions, de sottes bouftVos (lu pauvre orgueil humain, et quesi j'arais tuutr ma liberté, il n'en résulterait à ma honte qu'un ridirulus mus. D'autres fois, j'ai beau m'exhorter aussi l>ion que je pais à la raison, à la modestie, à la Iran- <|iiillité : une certaine force, un certain gaz iodé Iniss;il>)o, m'enlève malgré moi comme un kwllon. Jo me l • M Is dans les nues avec Monsieur de Tempyréd, je voudrais faire : je voudrais, —je ne sais ma foi pas trop ce que je voudrais *. »
Xavier de Maistre, un demi-siècle après, parlant de son frère au comte de Marcellus, lui dira :