‹ La pensée religieuse de Joseph de Maistre; d'après des documents inéditsChapitre 55 sur 101 · UN COUP D OEIL DE MAISTRE SUR LA RUSSIE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

UN COUP D OEIL DE MAISTRE SUR LA RUSSIE RELIGIEUSE

L'horizon russe, dès 1803, lui fut éclairé par un « homme véritablement extraordinaire, théologien, médecin, chimiste, mécanicien, opticien, etc. , homme d'Etat de plus, et fait pour être le ministre d'un grand prince* », le Père Gruber, général des Jésuites. Paul I", « pour arrêter le flot de l'impiété, de l'illuminisme et du jacobinisme », avait, à l'automne de 1800, installé Gruber et ses confrères à l'université de Vilna. « Je suis catholique de cœur, lui avait-il dit, tâchez par vos discours de persuader mes évêques » . Mais au moment même où Pie VII, parlant au

1. Œuvres, XIII, p. 337. Pour l'intelligence des écrits et de la correspondance de Maistre au sujet de la Russie, le tome V de la grande œuvre historique du P. Pierling : la Russie et le Saint-Siège (Paris, Pion, 1912), rend les plus précieux services.

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diplomate russe Lizakewicz, se déclarait prêt à se rendre lui-môme à Saint-Pétersbourg pour traiter de vive voix avec le Tsar, on avait apprit soudainement que Paul 1" n'était plus qu'un cadavre déchiqueté*.

Que fût-il advenu s'il eût vécu? On a peine à .^e représenter sous les traits d'un néophyte de Rome ce tyranneau fantasque et libertin qui avait un jour eu la lubie de vouloir lui-même célébrer la messe et c se croyait sûr de s'établir le confesseur do sa famille et de ses ministres* >. Mais en coûtant Gruber, en écoutant Serracapriola, le ministre du roi de Naples, qui avait été mêlé, lui auHsi, aux négociations entre le Tsar et Rome', en écoutant l'ambassadeur papal ArezzoS MaisUre (levait garder l'impression qu'il y avait ea, sur le trône de Russie, un catholique de désir, et que dans la société russe, même dans le clergé, certains regards se portaient vers Rome. Et tous ces interlocuteurs de Maistre ignoraient d'ailleurs

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