‹ La pensée religieuse de Joseph de Maistre; d'après des documents inéditsChapitre 57 sur 101 · OEuvrei^ I, p · texte numérisé non relu

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se

tior mémo à une espérance déterminée », que

pour bâtir il fallait des pierres et qu'il n'y en

vait plus* ». Mais le cathuliquc, en Maistre,

il luit consoler les déceptions du légitimiste :

Muistre allait prêter aide à Dieu, pour accélérer

ainsi lu clôture providentielle de 1* c époque »

révolutionnaire.

Quel chaos que cette Russie ! A la tête de onie millions de catholiques romains, un métro- |)olilain qui depuis trente ans trompait le Pape, Sicstrzencewicz : il déduisait de certains textes de. saint Paul la suprématie du Tsar sur toutes les Églises de son empire, et s'accordait à merveille avec l'esprit joséphiste de la haute chancellerie impériale. Maistre, en face de l'établisitemcnt catholique, apercevait une vaste c tribu de Lévi, un peu moins considérée que l'ancienne, iils d'esclaves ou fils de prêtres' : € C'était le clergé de l'Église orthodoxe, — de 'Église photienne, comme il aimait à dire, pour que cette Eglise, € continuellement rappelée àsoD rigine, y lût constamment sa nullité'. » Sur

1. Letiro du 20 Juillet-2 août 1803. pabUé« par II. Louis lould dans son lirre : La Prcndenc9 «I k bonheur (Topréi sud et Joseph de Maistre, p. 19f-lS3. (Soeiélé AraaçaiM

luiprimorio. 11M7), qui est une exceUenle ioterpréUtion du

providcntialisme » de Maislrc.

a. Heligion et maurs des Hussei : ^netéoim, p. 11.

S. Œuvres, H. p. i«4.

l'ignorance de ces prêtres, sur leur ébriété, sur les sacrements bâclés ou profanés, sur les railleries, parfois accompagnées de corrections, qu'infligeaient à ce clergé les fidèles des hautes classes, Maistre collectionnait les anecdotes. En façade, l'État se targuait d'être chrétien ; en fait, Maistre constatait un étrange désintéressement à l'égard de la religion des soldats, qui le jour de Pâques, par exemple, étaient, au nombre de trente mille, écartés de la messe par des parades militaires, et que l'on traînait ivres, quelque autre jour, vers la table eucharistique *. Faute de courage ou de foi, les métropolitains toléraient ce laisseraller : celui de Pétersbourg, Ambroise, faisait l'effet à Maistre d'être homme à « donner les quatre Évangiles pour un diner chez l'Empereur * » . A mesure qu'il observait la Russie religieuse, « la plus mystérieuse des nations^ », Maistre se pénétrait de cette idée que le principe chrétien y était « trop faible, trop défiguré, pour avoir pu pénétrer la pâte asiatique, » et que le « caractèr» européen, résultant du mélange de la chevalerie avec le christianisme, n'avait jamais traversé la

1. Religion et mœurs des Rttsses : anecdotes, p. 21-22, 25*27, et Œuvres, XI, p. 237.

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