Rrtigion et mœun de» Aiistef ; aiife<loftt, p. 3S
UN PLAN DE MAISTRE : l'ALLIANCE ENTRE ALEXANDRE l" ET LE CATHOLICISME RUSSE. — MAISTRE ET LE MOU- VEMENT DE CONVERSIONS.
Que voulait donc l'omnipotence d'Alexandre? Elle avait une limite dans sa propre impuissance de vouloir. Chez lui, raillera plus tard Metternich, une idée met deux ans à ae développer, passe à l'état de système pendant la troisième année, est altérée durant la quatrième et mise en pièces au cours de la cinquième ^
Maistre, sans prétendre convertir à sa philosophie politique ce « républicain » couronné, ce disciple impénitent du révolutionnaire Laharpe, ce « prince Scythe élevé par un illuminé de
i. Metternich« Mémoires, I, p. 315-3i9.
Tionève* », voulait cependant Taider à sauv^garilor cette suprême assise de rédifica ruiae qu'il appelait lo dogme national. € F'our le maioUen de utte religion, disait-il, le plus Odèle et le plu^ puissant allié de Sa Majesté Impériale, c'est l'action et la fraternité de l'Église catholique de SOS États' ». Adressant aux ministrea du Tsar, en 1811, son Mémoire sur la liberté de t enseignement public, parlant au Tsar lui-même dans une audience en 1812, il précisait :
•K Le véritable ennemi de Texécrablo illuminé, c'est lo Jésuite ; une secte ne peut être combattue avanta- -reasement que par un corps... Et je n'en connais paa <lo meilleur que celui-là'. »
Le dogme national, en déGnitive, imposait théoriquement tous les articles du Credo romain, moins un ou deux, et les mettait sous la garde de ce < bras de chair ^ > dont avait besoin, aux yeux de Maistre, toute religion qui n'était pas la reli-
1. Œuvres, XI, p. 401. Sur les dëceptioot politiques que causaient k Maistre la dëf^rcDce du Tsar pour la k^gitimitédu gouverDcment républicain, sa tendresse pour la République dos États-Unis, ses propos sur la monnaie qui « n'ëuit pas à lui, mais à son peuple », et la proclamation d'après laquelle il prétendait « combattre pour rhonoeur et la liberté de l'homme », voir Maistre, CBuvrts, X, p. 347; XII, p. 33; XII, p. 333, et Corrtspondanre diplomatiquef l, p. 17.