PREFACE VII
contact avec une âme, et non point seulement en présence d'une attitude. D'outre-tombe, Xavier puis Constance surgissaient : dans des lettres que publiaient M. l'abbé Klein, M. Latreille, le P. DudonS ils attestaient que leur frère, que leur père, avait été, bien effectivement, un catholique fervent. Mais voilà que s'entr'ouvraient les registres des vieilles loges savoyardes : un érudit collaborateur des Annales révolutionnaires, M. François Vermale, les compulsait avec une sévère méthode^, et des textes précis permettaient de conclure que de sa vingt-et-unième à sa trentesixième année Maistre avait été, non moins effectivement, un fervent franc-maçon. Et toutes ces données nouvelles projetaient des lueurs, mais ces lueurs s'offusquaient, se contrariaient entre elles.
En mettant à notre disposition, avec une libéralité digne d'une gratitude profonde, certains documents de ses archives familiales, conservées en son château de Saint-Martin-du-Mesnil-Oury, M. le comte Rodolphe de Maistre, arrière-petitfils de l'illustre écrivain, nous a permis de voir
1. Correspondant, 10 décembre 1902; Quinzaine, 16 juillet 1905; Etudes, 20 novembre 1910.
2. François Vermale, La franc-maçonnerie savoisienne à l'époque révolutionnaire d'après ses registres secrets (Paria, Leroux, 1912).