Œuvres, IX, p
Dieu, ils visaient par une pure abstraction, par une œuvre scolastique, à constituer le monde comme ils avaient constitué la France ^ C'est ainsi que la Révolution, dès ses débuts, apparut à Maistre comme un attentat contre le gouvernement temporel de la Providence, comme une niaise tentative pour plagier ce gouvernement et s'y substituer.
Les Lettres dun royaliste savoisien, qui sont de 1793, dénoncèrent cette conjuration politique qui, profitant de la haine des méchants contre tout gouvernement et du mépris des gens de bien pour le gouvernement français « tombé en pourriture », avait d'abord « séduit » l'Europe et puis l'avait fait passer de l'étonnement à la crainte et de la crainte à l'horreur-. Maistre alors ne visait encore qu'à soustraire au « tintamarre » révolutionnaire — mais c'était déjà deux ans trop tard^ — le « cidevant bon sens » d'un certain nombre de Savoisiens*. Mais lorsque s'éloigna l'espérance d'un prompt rétablissement de la monarchie sarde dans ses Etats de Savoie, et lorsque Maistre contempla la Révolution, non plus en Savoyard mais en Européen, et non plus en polémiste de cir-