‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 45 sur 109 · Œuvres, Xll, p · texte numérisé non relu

Œuvres, Xll, p

4. Maistre à Blac;is, 24 décembre 1812 (Daudet, op. cit., p. 210); Œuvres, Xll, p. 344. M. Bertiiier, op. cit., p. 115, montre comment en définitive Maistre fut plus juste que Tolstoï pour Napoléon.

llià LA PENSÉE RELIGIEUSE DE JOSEPH DE MAISTBE

voyait que par leur entremise, et par des voies connues de lui seul, Dieu travaillait pour l'unité catholique, pour la papauté.

Voilà qu'ainsi la France, même pécheresse, se trouvait promue à la dignité de collaboratrice de Dieu. Sur les cimes mêmes où Maistre voisinait avec la Providence, sa pensée s'imprégnait de sérénité. En s'exaltant, le regard de ce passionné devenait impartial. Pour le Maistre des Lettres savoisiennes, la France était surtout une « funeste voisine », affligée, par surcroît, d'un vice intellectuel qui l'amenait à « établir sur des aperçus vagues, sur des demi-lueurs, ce qu'elle appelait des vérités générales, et à conclure, ensuite, à perte de vue* ». Mais pour le Maistre des Considérations, elle était devenue, dès 1796, une nation prédestinée, pourvue par Dieu d'une mission politique et d'une mission religieuse. La mission politique, Maistre la définissait ainsi : « Les Français sont destinés par la Providence à frapper d'une manière plus ou moins décisive toutes les puissances qui menacent l'indépendance des autres », et il citait Attila, les Sarrasins, l'Autriche*, nous ajouterions aujourd'hui : Guillaume IL C'était original d'affirmer cette destinée

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