‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 46 sur 109 · Clément de Paillette, op. cit., p · texte numérisé non relu

Clément de Paillette, op. cit., p

2, OEicvres, XII, p. 324,

de la France, à l'heure où l'Europe, et le roi de Sardaigne tout le premier, tremblaient devant les aigles napoléoniennes. Mais l'apparent paradoxe se prolongeait : la France pouvait faire œuvre « satanique », compromettre le Pape ou bien l'enchaîner, montrer à l'Europe, sous ses drapeaux vainqueurs , des armées presque impies^ : Maistre, les yeux fixés sur ce qu'il appelait «. les deux bras de la France : sa langue et son esprit de prosélytisme- », maintenait et proclamait la vocation de cette nation : être à la tête du système religieux ^

Le châtiment même qui pesait sur elle, et qui « sortait de toutes les règles ordinaires », attestait que le délire de la maladie n'interrompait que momentanément ses destinées, et que Dieu voulait l'y ramener « par des moyens terribles » ; et les répercussions de ce délire sur l'univers, tout ce sang qui coulait depuis Calcutta jusqu'à Tornéo, témoignaient que le vide laissé par la maison de France était un gouffre K

Maistre savait bien que, le français étant sa

i. Sur cette impiété des armées napoléoniennes dans Moscou, voir Œuvres, XII, p. 306; et cf. Léon Mirot, Un témoin de la campagne de Russie, l'abbé Jd/ien Surugue, p. 34-35 (Paris, Champion, 1914/.

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