‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 52 sur 109 · Œuvres, IX, p. 58, 74 ; Mandoul, op. cit., p · texte numérisé non relu

Œuvres, IX, p. 58, 74 ; Mandoul, op. cit., p

prit de la Constituante et du Code civil? Mais quant à croire que toutes les idées ébranlées par la Révolution ressusciteraient intégralement, et que les individualités mêmes qui en avaient été les victimes bénéficieraient elles-mêmes d'un triomphal retour de fortune, c'était là une illusion à laquelle Maistre se refusait ; elle lui paraissait incompatible avec sa propre exégèse des vouloirs providentiels*.

C'était dur, évidemment, d'être mis à l'écart. Mais il s'écriait : « Qu'est-ce que cela fait? On écrit dans sa généalogie ; in illo tempore, j'eus l'honneur de ne pas servir mon maître. Qu'est-ce que la mort au champ de bataille en comparaison de ce sacrifice - ? »

La France et la monarchie française sur le pavois, et Maistre à l'écart ; et puis, en France même, à l'écart aussi, ceux qui pensaient comme Maistre : voilà le dénouement qu'il prévoyait. Cela lui paraissait dans la logique de la politique divine. Un autre se fût plaint : Maistre, au contraire, trouvait cela très grand. Pourquoi son àme eût-elle été triste, si peu favorisé fût-il, puisque sa plume lui restait, pour redire que cela était grand ?

Page 1