Correspondant, 10 décembre 1902, p
aux Jésuites qu'il songeait, pour préparer le rapprochement entre l'Orient et l'Occident. Pas de hâte, d'ailleurs ; pas de coups d'État dans le domaine des âmes ! Maistre continuait de détester toute brusquerie, s'agît-il, même, de l'avènement du règne de Dieu.
« La réunion brusque et solennelle, telle qu'on l'a annoncée dans les papiers, serait un moyen sûr de renverser la Russie... Les meilleurs apôtres pour la réunion seraient une douzaine de dames de qualité qui la désirent vivement^. »
C'est en 1808 que Maistre émettait ce diagnostic : en cette même année mourait à Pétersbourg le chevalier d'Augard, ancien bibliothécaire de Catherine II, qui, depuis de longues années, familiarisait avec le catholicisme romain — jusqu'à la conversion inclusivement — plusieurs femmes de la haute société-. Maistre, qui la veille même de sa mort avait eu un entretien avec lui', lui succéda dans cet office d'apôtre. On colporta dans Pétersbourg, en 1809 et 1810, une Lettre à une dame protestante sur la maxime quun honnête homme ne change jamais de religion, et une Lettre à une dame russe — la comtesse Tolstoï —
\. Œuvres, XI, p. 44-45.
2. Voir, sur ce personnage, l'article du P. Gagarin dans le Contemporain, octobre 1877, p. 583-591.