Œuvres, VIII, p
Rome risqueraient d' « affaiblir une opinion dont elles avaient besoin K »
Ainsi comptait-il sur elles et sur les Jésuites pour modifier l'opinion, et puis sur le Tsar pour tirer un jour les conclusions, d'accord avec le Pape...
i. Œuvres, VIII, p. 156-157.
LES ESPOIRS DE 1812 ET LES DÉCEPTIONS DE 1815; LA DOUBLE DISGRACE DE MAISTRE ET DES JÉSUITES ; LE LIVRE DE STOURDZA.
Vers 1812, une brève période s'ouvrit, qui parut autoriser beaucoup d'espoirs. Alexandre lisait la Bible et des livres de piété; et si nous en jugeons par son petit écrit : De la littérature mystiquey adressé à sa sœur Catherine Pavlovna, il rangeait saint François de Sales et sainte Thérèse, l'Imitation et Tauler, à côté d'ouvrages illuministes, parmi les livres « les plus dignes de confiance et les plus sûrs ». Théologiquement même, — Maistre le sut-il? — le Tsar admettait, dans une lettre datant de 1813, que le Saint-Esprit procédait du Fils aussi bien que du Père * ; il n'était
1. Pierling, Alexandre l" esl-il mort catholique? 2* édit. (Paris, Beauchesne, 1913.)
pas sans importance que les sentiments intimes du Chef de l'Église russe abolissent ainsi la divergence séculaire entre l'Orient et l'Occident. Des influences de l'illuminisme martiniste gagnaient l'esprit du Tsar; et Maistre estimait, nous le savons, que le martinisme, dans les nations séparées, pouvait agir heureusement sur les consciences.
Mais il apparut bientôt que M"' de Kriidner et autres illuminés acheminaient Alexandre, non point vers le catholicisme, mais vers une sorte de syncrétisme religieux qui, sous le nom de christianisme universel, distinguait arbitrairement entres dogmes fondamentaux et non fondamentaux : la convention de la Sainte-Alliance exprima cette tendance. Maistre l'épluchait, la critiquait, diagnostiquait que l'esprit qui l'avait dictée était « aussi bon dans les communions séparées que mauvais dans la confession catholique », et finissait par croire que cette promiscuité profiterait au catholicisme, puisque aucune autre confession chrétienne n'avait une pareille force de prosélytisme*.
Or, à ce même moment, avec ses Bibles et ses livres sterling, la succursale ouverte à Péters-