Maistre, Correspondance diplomatique, II, pp. 57 et suiv
— Burnichon, La Compnqnie de Jésus en France, histoire d'un siècle, I, pp. 183-192. (l'aris, Beauchcsno, 1914.)
s'opérait par-dessus la tête du Pape, acheminaitelle la chrétienté vers l'union, ou bien vers la confusion? Que signifiait, dans le livre que venait de publier le métropolitain Philarète, un impertinent parallèle entre l'Eglise orientale, « vraie et pure », et l'Eglise romaine, « vraie et mélangée * »? Pourquoi la Russie, en préférant la Société biblique aux Jésuites, « bataillon renvoyé pour cause de valeur », préférait-elle le protestantisme, « qui renversait presque tous les dogmes nationaux, au catholicisme, qui les maintenait tous en proposant seulement d'y en ajouter un »? Maistre gémissait, désolé :
« Je regarde le culte catholique comme suspendu et même comme supprimé. Il y a longtemps que le philosophisme n'aura pas remporté une si grande victoire sur la religion 2. »
Et puis il se rassérénait un peu, en songeant que les Jésuites n'eussent pas été frappés si l'on n'avait pas senti se dessiner un mouvement de conversion vers la grande unité.
Le 6 février 1816, Alexandre recevait Maistre. Le Tsar parlait des différentes confessions chré-
1. Entretiens d'un sceptique et d'un croyant sur l'orthodoxie de l'Eglise orientale, par Mgr Philarète, métropolitain de Moscou, trad. SoudakofT. (Paris, bureaux de l'Union chrétienne, 1862.)