Œuvres, XIll, pp
tiennes; et peu à peu, « élevant la main et la promenant en rond, comme s'il avait bâti le dôme de l'Église universelle », il disait à son visiteur :
« Il y a dans le christianisme quelque lîhose de plus grand que tout cela : voilà l'essentiel. Commençons par attaquer l'incrédulité ; c'est là le grand mal dont il faut s'occuper. Pratiquons l'Evangile : c'est un assez grand point. Je crois bien que toutes les communions se réuniront un jour. Je le tiens pour sûr, mais le moment n'est pas venu. Quant à ceux qui changent de religion, j'avoue que je ne puis les estimer ^ . »
Maistre sentait chaque jour plus nettement que les actes de propagande catholique étaient odieux au Tsar, et que « les catholiques qui avaient des liaisons même de simple estime avec les Jésuites » devenaient « une espèce de caste suspecte ». « Je ne voudrais pas jurer, écrivait-il en février 1816, qu'il n'y eût encore un peu de mécontentement sur le tapis ^ ». Il aurait eu tort de jurer, car,