Œuvres, XIV, p
voyait à Rome le jeune comte Léon Potocki, catholique, homme distingué, mais « manquant d'instruction sur le fond des plus grandes questions ». Maistre s'inquiétait, et puis constatait que c'était là, du moins, une « relation directe » entre le Tsar et le Saint-Siège. Il aimait mieux « ne pas se presser déjuger* » que de porter un jugement qui contristerait ses tenaces désirs.
Mais ce jugement pourrait-il toujours être ajourné ? On' annonçait, depuis un mois, l'imminente publication d'un livre signé d'un jeune Moldave, Stourdza, et intitulé : Considérations sur la doctrine et l'esprit de V Eglise orthodoxe. Ce livre se présentait comme une riposte à l'agression ouvertement dirigée contre la religion de l'Etat. L'orthodoxie russe s'y exhibait comme forte de la parfaite conformité qui la rapprochait de sa céleste origine, et, tout en même temps, comme fidèle à cette vertu chrétienne, politique et sociale, qui s'appelait la tolérance-; il semblait que Stourdza voulût la montrer, tout à la fois,