Daudet, op. cit., p
propres arguments cette puissance de la vérité. Ce tripot gallican, insistait-il, ne fut qu'une manœuvre de la puissance qui depuis trois siècles complote contre la souveraineté'. Réforme, gallicanisme, révolution, lui paraissaient trois étapes d'une même révolte contre le pouvoir, soit spirituel, soit temporel, et contre le caractère divin du pouvoir.
Rappelant à Blacas les constitutionnels de 1790, Maistre lui lançait cette flèche : « Ils faisaient comme vous, mon digne ami, précisément comme vous. Vous jugez le souverain spirituel, vous en appelez aux conciles, aux anciens canons, aux libertés de l'Eglise gallicane; ils jugeaient le souverain temporel, ils en appelaient aux lois fondamentales, aux Etats généraux, et aux libertés de la nation gallicane- ». Au demeurant, le « monstre » — ce mot voulait dire Napoléon — faisait de ces Quatre Articles son code ecclésiastique, sa loi chérie, son évangile politique ^ Les Bourbons et Bonaparte pouvaient-ils avoir le même évangile? Mais voilà que Blacas, en 1813, croyait savoir que Pie VII allait être pour la famille de ce monstre le ministre d'une consécration nouvelle,