‹ La pensée religieuse de Joseph de MaistreChapitre 79 sur 109 · Daudet, op. cit., p · texte numérisé non relu

Daudet, op. cit., p

'6. Daudet, op. cit., p. 158.

achetant à ce prix sa rentrée dans Rome^ L'infaillibilité se limite au dogme, répondait Maistre ; (( pour le reste, si le pape a mal fait, qu'il se confesse; mais quand il s'agit de le juger, il faut aller doucement^ ». Et sous la plume de Maistre, dès septembre 1813, s'esquissait, dans une lettre à Blacas, une théorie très nette mais très nuancée, très expresse mais très modérée, de l'infaillibilité pontificale :

(( L'opinion des ultramontains sages sur l'infaillibilité est ce qu'on peut s'imaginer de plus plausible, et, ce qui vous étonnera fort, de plus modéré et de plus philosophique. Ils disent que le pape, pariant librement comme pape et sur un dogme, n'enseignera jamais une erreur. C'est, au fond, l'opinion admise dans la pratique et sans laquelle le monde catholique ne peut être gouverné. Les souverains pontifes n'ont pas trop le temps d'écrire; mais enfin, s'ils écrivent, ce sont des docteurs comme d'autres auxquels nulle promesse n'a été faite. Si l'Église les interroge ou s'ils croient devoir lui adresser la parole pontificalement, c'est tout autre chose. La même distinction (avec les modifications nécessaires) a lieu dans la monarchie temporelle. Qu'est-ce que le sentiment et la volonté du roi? C'est la loi. Ce qu'il écrit comme particulier est une tout autre espèce d'étoffe ^. »

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