A. — GREFFAGE PAR APPROCHE
Le greffage en approche consiste à souder, par leurs liges ou leurs branches, deux végétaux plantés dans le même sol ou dans un récipient quelconque.
L'époque de l'opération commence avec la sève et finit avec elle, soit de mars en septembre.
Le début de la période offre cet avantage que, la soudure étant complète en été, le sevrage pourra être définitif avant l'arrêt de la végétation.
Les parties rapprochées seraient-elles herbacées ou ligneuses, l'opération reste la même.
Le sujet, un arbre ou un arbuste, étant planté à proximité de l'arbre étalon qui doit fournir le greffon, en rendra le travail plus facile ; cependant, lorsqu'il s'agit de multiplier des espèces rares, l'étalon pourrait être un jeune arbuste en pot qu'il conviendrait d'élever provisoirement à la portée des sujets plantés dans la pépinière et déjà grands (fig, 98).
La figure 99 résume plusieurs situations probables du greffage en approche. Ici, le sujet, assez élevé, est greffé à haute tige par un greffon placé à la môme hauteur, tandis que son voisin, trop grand, doit être penché vers le sol pour se prêter au contact du greffon ; celui-ci est opéré à haute tige, celui-là à demi-tige ; l'autre, à fleur de terre. Parmi les sujets plantés en pot, les uns seront placés sur un support qui les élèvera à la hauteur de l'étalon, les autres recevront le greffon, le vase restant enterré dans le sol;
DU GREFFAGE
ces petits détails, qui ont leur importance, sont d'autant plus réalisables que les sujets sont jeunes et les greffons flexibles.
Tout récipient, ainsi exposé à Tair, sera paillé,
Fig. 98. — Groupe de sujets gre/Tésen approche par un étalon élevé à leur hauteur.
ombré, enveloppé de mousse tenue frafche, et arrosé.
Greffe par approche de côté. — Le sujet est un sauvageon ou tout autre plant à, transformer, et le greffon, un arbre ou un rameau lui attenant; le sujet et
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le greffon sont aussi rapprochés que possible, afin qu'ils puissent être soudés Tun à l'autre, au moyen de plaies réciproques pouvant s'adapter entre elles.
A moins de branchage trop important, le greffon est conservé dans son entier.
La figure 100 montre en C le rapprochement par
^ Ko^eD
Fig. 99. — Arbre étalon fournissant la greffe en approche de sujets plantés autour de lui.
placage ; le greffon avivé sur une face est plaqué ou incrusté dans une rainure de dimension analogue pratiquée sur le sujet. C'est Vapproche en placage. Ici l'écorce seulement est enlevée ; mais avec un greffon anguleux, l'incision du sujet doit pénétrer l'aubier, ce qui donne Vapproche en incrustation.
Afin de multiplier les points de contact et d'accrocher intimement le sujet au greffon, les sujets (A et B, fig, 101) viendront se réunir en G par une
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double encoche et languette qui s'agrafent mutuellement.
Tuteur, ligature et mastic; engluement froid aux greffes herbacées ou d'arrière-saison.
L^ greffage embryonnaire on sous-cotylédon^ indi-
Fig. 100. — Greffe en approche de G6lé, par placage (Bouleau).
Fig. lui. — GrefTe en approche & l'anglaise (Vigne).
que et figuré au Caféier [fig. 164) et au Quinquina [fig. 251) rentre dans cette catégorie.
Greffe par approche en tête. — La grefTe en tôte se soude plus vite et abrège le travail du sevrage. Le sujet, étété au moment du greffage, reçoit le greffon à, son sommet ou au sommet de ses branches
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principales, la mère et l'étalon élant assez voisins.
Répéter les procédés ci-dessus, en fenie incrustée
{fig, 102) ou à l'anglaise, les deux parties? fusioonaat
enCifig. 103), non loin de bourgeons appellc-sôve, qui
Fig. i02. — Greffe par approche en tèle, V\g. lOtï. — flrrCfu pur A|ïpr)rh« de fente incrustée (Charme). en t^te. n lAti^Uiac ^Hètre'ir
seront pinces pendant le dévelop[)ement du greffon.
Ligaturer, engluer, tuteurer.
Voici une application de la fçpcfTc en approche usitée au Japon. L'étalon (A, fig. 104} ayant une longue branche (B), plusieurs sujets (C, D, K) planlés à sa portée recevront le greffage de cette branche, en
DU GREFFAGE
même temps ou par intervalles, et le sevrage (c, rf, e) constituera trois arbres indépendants. C'est un « greffage en approche multiple ».
Sevrage de la greffe en approche {fig, 405). — Le sevrage a pour but d'isoler le sujet de la plante mère, lui permettant de vivre librement ; le moment est arrivé après la soudure et une végétation du greffon.
Fig. i04. — Greffage en approche muIUple.
S'il y a incertitude, nous préférons inciser d'abord (en a) la branche du sujet A ; pratiquer quinze jours après un nouveau cran ou une strangulation plus haut (a'), et plus tard trancher complètement (a") auprès de la greffe (c).
Agir en même temps sur le sujet B. Réduire successivement la tête, commençant par la cime et les branches (6), continuant quinze jours après, plus bas {b'), et enfm, quand toute crainte sera inutile, étêtage définitif ■6"), immédiatement au-dessus du point de soudure.
Mastiquer les coupes et tuteurer le nouvel arbre, el que nous le voyons en C.
Trop hàtif, le sevrage tue la greffe; trop retardé,
DU GREFFAGE
dans le greffage de côté, le sujet absorbe la sève à son profit et rend Topération « plus dure ».
En principe, les greffages de printemps peuvent élre sevrés en été; ceux d*été, à l'automne ; quant aux greffes d'arrière-saison, le sevrage en sera ajourné après deux
Fig. 105.
Sevrage de la greffe en approche.
mois de végétation de Tannée suivante, quand même les apparences de soudure paraîtraient suffisantes.
Dans les régions tropicales, la greffe en approche, étant pratiquée pendant la sève, ne tarde pas à récla-
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mer le sevrage. Là, le mastic fait souvent défaut, ou se compose de sable lardé de filaments d*Aloès ou de Palmier. Aux situations délicates ou brûlantes, une feuille d'arbre, piquée dans la ligature ou Tenduit, restera jusqu'au moment du sevrage.