B. — GREFFAGE PAR RAMEAU DÉTACHÉ
Le sujet est un végétal ou Tun de ses fragments : plant racine, branche- bouture, fraction de racine; il est élevé sur place ou en pépinière, sinon cultivé en pot. Les sujets complets sont généralement greiTés surplace, en plein air, & l'exception des jeunes plants en godet, des rameaux et racines-boutures destinés au greffage sous verre. Souvent, les sujets sont déplantés de la pépinière, greiïés à l'abri et replantés aussitôt dans un endroit sain, aéré, plutôt frais.
Lors du greffage, un bourgeon conservé en tête du sujet attire la sève vers la greffe et en hâte l'agglutination.
Le greffon, rameau ou fraction de rameau, porte au moins un œil ; sa longueur est de 0",04 à 0'",45, plus court en pays chaud, ou quand les yeux sont rapprochés, et plus long en climat froid.
Avec les greffages de printemps, il est prudent de préparer les provisions de rameaux-greffons, dès la chute des feuilles et avant l'arrivée des grands froids. Pendant les gelées, ce serait une mauvaise opération. Dorigine certaine, ils doivent être, en outre, bien constitués, sains, ni étiolés, fluets, ni d'une nature exubérante.
Ces rameaux vont passer l'hiver dans un réservoir
DU GHEPPAGE.
SOUS terre, ou allongés dans un lit de sable, au soussol, à la cave, en attendant qu'ils soient relevés et fractionnés le jour du greffage (Voy. fig. 53 et 54).
Ici encore, Tétiquetage est d'ordre absolu.
Lors du greffage, les rameaux-greffons trop longs seront fractionnés, de manière qu'il se trouve au moins un œil au sommet et un autre, si possible, sur le dos du biseau^ ou base taillée et avivée à ses points de contact avec le sujet. Conserver Tœil terminal au greffon de léte, autant que possible.
Ligaturer aussitôt les deux parties assemblées, et engluer toutes les sections mises à nu ou rapprochées (fig. 106'.
Couvrir de mastic la tranche (A) du sujet, la plaie (E), le sommet du greffon (0) et le dos de son biseau (I) ; engluer également le dos du biseau du greffon (L) en respectant Tœil (Y) conservé avec intention.
Les rameaux-greffons d'arbres résineux et d'arbustes toujours verts, détachés seulement au moment de leur emploi, seront choisis bien caractérisés de leur âge adulte ; tronquer les grandes feuilles et laisser entières les petites.
Fig. 106. — Engluement d'une greffe en tèle.
DU GREFFAGE. 191
Greffage de côté sous écorce.
11 s*agit d'inoculer un rameau sur le côté d'une tige et sous son écorce. L'opération est pratiquée :
!• A œil poussant, en avril-mai, au réveil de la sève, avec des rameaux-greffons de l'année précédente, conservés à l'ombre, dans le sable ;
â" A œil dormant, les greffons étant de l'année courante, semi-ligneux, pris à la base du rameau, si les yeux sont bien formés. Cueillis au moment de leur emploi, ils seront effeuillés — la feuille étant coupée sur son pétiole — et à demi limbe, aux espèces à feuillage persistant. Ligaturer, engluer.
Greffe sous écorce, à biseau plat (fig. 107). — La
base du rameau comprenant quelques yeux est taillée
en biseau long, plane, et introduite sur le sujet
par une légère incision, appliquée entre le liber et
Vaubier (en D). Ligaturer, engluer la greffe et même
la tôte du greffon, si l'action solaire est à craindre.
Conserver l'œil terminal du greffon, si possible.
Greife sous écorce, à l'anglaise {fig. 108). — Au lieu
d'un biseau plat au greffon (A), provoquer, par un coup
de lame, un cran de bas en baut sur la face taillée du
biseau et une fente contraire, de haut en bas, sur le
sujet (B) au point (b) où le greffon pénétrera sous son
écorce fC). Ligature et mastic froid.
Greffe ^^^^ écorce, avec embase [fig. 109). — Ici, le greffon étant accompagné de la plaquette corticale <Tui I nort^^ ^®® ^^^^ parties constituent le greffon lyj .^^ Levé comme un écusson (Voy. fig. 131), i\ Aoi • iJndnit sous l'écorce du sujet par une incision
'esh'fl
tfodnit sous l'écorce du sujet par
DU GREFFAGE
en Ti puis ligaturé (A) et recouvert par une feuille d'arbre ou un écran de papier gris.
Ces trois formes différentes du même procédé de
Fig. 107. — Greffe sous Fig. 108. — Greffe «ous Fig. 109. — Greffe sous écorce, à biseau plat. écorce, à l'anglaise. écorce, avec embase.
greffage ont leur utilité dans la multiplication des arbres et arbustes d'utilité ou d*ornement.
Greffage en couronne.
Après la greffe de c6té sous écorce, abordons la greffe en tête sous écorce.
Le bon moment d'opérer élant à la sève montante, le sujet exige l'élêtage une quinzaine de jours avant, provisoirement assez haut, et définitivement au jour du greffage.
DU GREFFAGE
Les rameaux-greffons coupés avant les gel^s, conservés sous terre ou au froid, seront fractionnés de O'»,05 à O'^^â, taillés en biseau pied de biche, commençant en face d'un œil, traversant la moelle et se terminant à Técorce; une faible épaisseur suffit. Un petit cran au sommet du biseau permet d'asseoir le
Fig i 10. — Greffe en couronne ordinaire.
Fig. fil. — Greffe en couronne perfectionnée.
greffon à plat ou à cheval sur le sujet, suivant sa coupe plane ou oblique.
Plus un sujet est gros, plus nombreux y seront les
greffons, toutefois en proportion raisonnable, soit
à 0",05 d'écart entre eux.
Le greffon, ainsi préparé, pénétrera facilement entre
B liber et Taubier, isolés par la présence du fluide
éveux. Seul, le greffon fait gonfler Técorce sur son
massage; davantage, la boursouflure pourrait se
Baltbt. — La pépinière. 13
194 DU GREFFAGE
traduire en déchirure ; un coup de greffoir ou de serpette sur récorce(D, fig. 110) en facilitera le glissement.
Ligature douce et mastic partout, les plaies en sève élant asséchées.
En couronne ordinaire (fig- 110). — Le sujet (B) sur ga tranche, aplanie ou parée à Theure du greffage, a reçu te greffon (c), à Taise; mais le second (c") provoquant une tension de Técorce, le coup de greffoir (D) a permis l'introduction du troisième (e ) et empêché la déchirure des couches libériennes.
En couronne perfectionnée [fig. 111). — Malgré la liaison facile de jeunes parties tendres et en sève, les praticiens imaginent quelques petits « trucs de métier ». Le principal est la conservation d*un œil (Y) ménagé sur le dos du biseau (A). Le greffon (X) est alors introduit au sommet du sujet (B) tronqué; puis ligature et mastic. Le bourgeon (Z) ménagé à la tète du sujet y altirera la sève, puis sera pincé et enfin supprimé.
Greffage en placage.
Le greffage en placage est le mode usité sous verre à la multiplication des arbres et arbustes.
Ud sujet à sève modérée, un greffon aoûté en sont les premiers éléments. La saison d'opérer étant au printemps ou fin été, le greffon sera de Tannée précédente ou de Tannée courante ; taillé à biseau plat ou fourchu, il s'adaptera exactement au sujet sur lequel une plaie correspondante a été préparée en même temps.
Ligature et engluement.
DU GREFFAGE
Placage ordinaire (fig. 112). — Le greffon (A) a son biseau taillé à plat, sans inégalité, et vient s*appliquer sur le sujet où son logement est préparé d'après ses propres dimensions ; souvent la limite en a été tracée selon le périmètre du biseau.
Ligature en D et liniment si le greffage se fait en plein air.
Placage à Tanglaise {fig. 113). — Afin d'accroître les points de contact des deux parties et de les consolider.
Fig. 112. — Grefle en placage ordinaire (Rhododendron).
Fig. 113. — Grefle en placage à l'anglaise (Tilleul).
conviendra, sur cette surface plane du biseau, de itiquer, vers la pointe, un cran ou simple fente, de i en haut, et un cran contraire, de haut en bas, au omet de la coupe du sujet disposé à recevoir le
DU GREFFAGE
subi l'amputation de la tète, recevra dans ses jeunes couches d'aubier, et parallèlement à l'axe central, le greffon (B) taillé en double biseau régulièrement, façon besaiguë.
Avec un sujet d'un faible diamètre, la fente sera
Fijf. 117. — Greffe de côté dans Taubier (Aucuba).
en plein cœur et recevra le greffon, le bois dur n'étant pas formé ; c'est ce que les vignerons nomment greffe en fente pleine \ mais la ligature est obli- ^ gatoire.
De côté dans l'aubier {fig. 117). — Le mode varie
DU GREFFAGE
saivant la direction droite ou en biais de l'incision pratiquée sur le sujet.
La figure 117 représente une greffe d*Aucuba sur plant-bouture. Le sujet (K) a reçu le greffon (I), taillé à double face, dans ses premières couches d'aubier, par un coupde greffoir oblique n'atteignant pas la moelle.
Le sujet s'est enraciné en L et le greffon en M; c'est donc une « greffe double bouture ».
Quand la tète feuillue du greffon ne peut être appliquée contre le sujet, l'incision de ce
dernier sera de biais ou en faucille (D, fig. 118). Le greffon (E) de Houx, taillé à double biseau (G), viendra s'y loger sans être gêné par le sujet (A).
Ligature laine ou coton ; ce procédé convient aussi aux petits Conifères.
Fig. 118. — Greffe de côté dans l'aubier, avec incision de biais (Houx).
Greffage en fente.
Le greffage en fente se prête à la multiplication de la majeure partie des végétaux greffables. Le sujet, étété provisoirement, aura la coupe parée au moment du greffage et recevra un ou deux greffons, suivant son
200 DU GREFFAGE
diamètre. Ëlevé en pépinière, il sera greflé sur place ; sinon déplanté, greffé en jauge ou à Tabri et replanté aussitôt greffé.
Les plants fougueux en sève acceptent ce dernier système, qui rétablit une harmonie entre les forces végétatives aériennes et souterraines.
La préparation du greffon [fig. 119) s'obtient plus aisément en tenant le rameau couché sur la main
Fig. 119. — Préparation du greffon de la greffe en fente.
gauche, allongé sur l'index, les coudes au corps. La main droite, armée d'un greffoir, taille le biseau en lissant chacun de ses côtés, la moindre inégalité s'opposant à sa coïncidence avec le sujet; la pointe, légèrement émoussée, en facilitera le glissement.
Un conseil aux débutants : le greffeur a plus de force et dirige mieux le mouvement de l'outil s'il opère les coudes au corps.
Le greffon, fragment de rameau d'autant plus court que le sujet est jeune, d'autant plus long que le climat est froid, donne de meilleurs résultats étant trapu, sain, robuste. Si la base d'un rameau est mieux lignifiée, si la sommité bénéficie d'une couronne d'yeux et sous^yeux, il y aurait à craindre que ceux-ci ne soient trop à fleurs, et ceux-là éteints.
DU GREFFAGE
Un greffon portant deux ou trois yeux, et d'une longueur de 0"»,08 àO"»,10, est de bonnes conditions. La moitié de base, étant taillée en biseau presque triangulaire ou aplati sur deux faces, se terminera en pointe. Un petit cran au sommet du biseau permet de
Fi/. 120. — Insertion du greflbn de la greffe en fenle.
l'asseoir sur la tranche du sujet : il y est introduit par une fente en long, parallèle à Taxe médullaire ; celte fente partielle recevra un seul greffon [fig, MA) el 121) ou sera transversale et en recevra deux !fig. 122).
Ici, la main de l'opérateur se fait aider par l'outil ou par un petit coin en buis ou tilleul, lors de l'insertion du greffon. Le dos du greffon doit suivre la périphérie du sujet.
DU GREFFAGE
Ligature et engluement sont nécessaires, surtout entre des mains inexpérimentées.
La bonne saison de la greffe en fente est au réveil de la sève, avant le bourgeonnement.
Le greffage d'été emploie des greffons semi-ligneux, avec écran et badigeon ; mais la greffe d'automne a plus de succès ; au déclin de la sève, la soudure a lieu et la greffe passe Thiver sans bourgeonner prématurément, sans sécher, ni pourrir.
Greffe en fente simple ou en demi-fente [fig. 121 ). — Le sujet (A) est de moyenne grosseur ; nous le tronçonnons obliquement en B, le sommet (C) de la coupe restant horizontal ; puis en y plaçant le bec de la serpette, ou la lame /5"^ I T^ * ^^ couteau à greffer, tout en /^M fI l**lltai appuyant sur Toutil, nous le balançons par secousses légères et brusques ; il en résultera une fente verticale (D) ayant la longueur approximative du biseau (F) du greffon (E). Le talent du greffeur consiste à ne pas fendre diamétralement le sujet. Ce mouvement saccadé de la main qui tient Toutil a d'ailleurs pour but de trancher l'écorce et les premières couches d'aubier, afin que le greffon ait son chemin tracé ; si les parois du sillon étaient irrégulièrement séparées, il faudrait s'abstenir de les lisser avec un couteau.
Avant que cette fente partielle soit fmie, de l'autre main nous prenons le greffon (E) et l'y insérons par l'orifice supérieur, en le faisant descendre à mesure
Fig. 151. — Greffe en fente simple ou demi-fenle.
DU GREFFAGE
que rincision s'agrandit. Nous retirons même Toutil assez tôt pour que le greffon, se trouvant poussé par la main, achève de préparer son logement ; le biseau (F, /?«/. 121) glissera dans sa position définitive (G), de façon que son écorce coïncide avec celle du sujet, sans saillie et sans cavités accentuées. Si la tige avait une écorce épaisse, nous inclinerions faiblement le greffon dans la fente, rentrant au sommet, sortant à la base; le croisement des couches de liber et d'aubier des deux parties amènerait inévitablement quelque point de contact, car l'agglutination s'accomplit par les zones génératrices et non par les couches extérieures de l'écorce.
L'engluement est nécessaire. La ligature, même au cas de fente partielle, retient les tissus.
Greffe en fente double ou en fente complète [fig. 122). — Le sujet (A) étant plus gros recevra deux greffons. La coupe (B)est horizontale, et nous fendons verticalement le sujet en C. Dans ce but, nous plaçons la serpette sur la tranche du sujet, la lame parallèlement à l'étui médullaire, et appuyons des deux mains ; si le bois est résistant, le maillet sera utilisé ; les greffes sont placées entre les lèvres de l'opérateur ou dans un vase contenant de la mousse fraîche.
Quand la fente est aux deux tiers finie, nous retirons l'outil sur un bord, tout en maintenant l'incision entrebâillée, afin d'y placer un greffon (D) — à l'autre bord — et, en employant l'outil comme un levier,
Fig. 132. — (îrefTe en fente double.
DU GREFFAGE
nous faisons pénétrer le greffon complètement. L'insertion de l'autre greffon n'est pas plus dirûcile; peut-être faudra-t-il encore placer la lame de roulil ou un coin de buis dans la fente (C) et forcer un peu l'ouverture, pour faciliter le glissement de la deuxième greffe.
Ligaturer (E) ; engluer copieusement.
Greffe en fente avec œil enchâssé [fig. 123). — Ce mode de greffage est basé sur la préparation du greffon. En taillant le greffon [fig, 123), nous ménagerons, sur le dos du biseau, un œil qui se trouvera enchâssé dans la fente du sujet, tel qu'on le voit en C ; cet œil doit produire un scion vigoureux qui craindra moins l'action des vents. Palissé d'abord contre le sommet du greffon et^ plus tard, sur un tuteur, il se défendra mieux encore.
Ligaturer et engluer.
Greffe en fente terminale {fig. 124). — Le greffon (A, fig, 124), choisi au sommet d'une branche, est un rameau de l'année précédente, couronné de ses yeux terminaux. Son biseau (a\ légèrement aminci en dedans, taillé uniformément et sans languette pénétrera au sommet de la flèche (C) du sujet (B), dans une incision pratiquée entre deux yeux de la couronne, à leur jonction vers l'œil central : incision partielle ou totale (6). L'insertion étant faite (^en d]^ il reste à ligaturer avec
Fig. 123. — Greffe en fente avec œil enchAssé.
DU GREFFAGE
I de la laine ou du coton, à couvrir d'onguent, enfin à entourer la greffe avec une feuille de papier gris qui la préservera, au début, de Faction du hàle et du soleil. En môme temps, il faudra tailler à moitié de leur
Fig. 124. — Greffe en Tente terminale (Sapin).
longueur OU arquer en dessous les rameaux du dernier verticille du sujet, afin de Tempêcher d*absorber trop de sève aux dépens de la greffe. Au lieu d*élaguer, tailler ou arquer; cette opération est seulement appliquée à la couronne supérieure.
Le sujet reçoit la greffe à Tair libre, en avril-mai,
DU GREFFAGE
quand les bourgeons du Sapin commencent à gonfler, ou à rétouffée. Les arbres qui en résultent conservent généralement l'apparence des plants de semis.
Greffe terminale herbacée {fig, 125). —Nous avons appliqué cette greffe au Pin ; il est bien probable que d'autres Conifères s'y prêteraient également. L'instant propice au greflage arrive lors des premières évolutions de la sève, en mai-juin, — les jeunes pousses de Pin ayant déjà 0",03 à 0",05, avant que les nouvelles feuilles soient développées.
Le greffon (C, fig. 125) est un de ces jeunes rameaux, à l'état presque rudimentaire, portant son œil terminal, et cueilli sur une branche de l 'arbre-étalon, en tète ou de côté, pour être taillé en double biseau, régulièrement aminci aux deux faces, avec un greffoir bien affilé.
Le sujet est tronqué au sommet de la flèche, immédiatement audessous du groupe d'yeux terminaux ; enlever les feuilles autour du sommet (B), sauf quelques-unes conservées à la tête pour y attirer la sève. L'incision sera diamétrale ou à mi-bois, suivant la différence de calibre entre le sujet et le greffon, mais il est préférable que leur diamètre soit identique. Le greffon est engagé assez profondément dans cette fente, jusqu'à ce que le sommet du biseau pénètre à 0'",0l au-dessous de la tranche. Le dos du biseau doit coïncider avec l'écorce du sujet. Un tuteur serait
Fig. 125. — GrcfTe en fente terminale herbacée (Pin).
DU GREFFAGE
indispensable pendant une année ou deux, au moins.
Ligaturer avec de la laine et engluer les coupes vives exposées à Tair, puis entourer la greffe avec un cornet de papier maintenu jusqu'à ce que les bourgeons greffés soient entrés en végétation.
Greffe en fente sur bifurcation [fig. 126).— Le gref-
Fig. 126. -- Greffe en fenlc sur bifurcation (Hêlre).
fon, âgé de deux ans (A), est enclavé sur le sujet (B)à la rencontre des deux branches (C etD), son biseau [a) étant taillé en coin aminci [a') sur vieux bois. La fente [b) du sujet ne dépasse guère les deux tiers du diamètre de Tarbre, de telle sorte que le greffon s'y trouve bridé.
Ligaturer et engluer le greffon complètement.
208 DU GREFFAGE
Tailler assez long les branches (C et D) ; plus tard, réduire leur longueur, à mesure que le greffon se développera, de façon que les deux moignons puissent être enlevés à l'automne.
Le Chêne se greffe de même sur enfourchure. Nous avons réussi le Noyer à fruit comestible sur le Noyer d'Amérique. Peut-être le Châtaignier et d'autres arbres à bois dur se grefferaient-ils par le même mode.
Greffage é, l'anglaise.
La greffe anglaise comprend un sujet et un greffon, généralement du même calibre ; ils devront être taillés en biais, l'un dans un sens, l'autre dans un sens opposé, mais sous le même angle pour qu'ils coïncident lors du rapprochement. Leurs points de contact seront augmentés par des languettes et des crans qui s'encochent réciproquement.
Le sujet est élôté pour recevoir la greffe ; un sujet plus gros pourrait porter deux greffons. Le greffon, rameau bien constitué, aura une longueur de deux à quatre yeux.
Le moment de greffer arrive avec mars et avril ; l'opération réussirait encore en août-septembre, quand la sève se ralentit.
Greffe anglaise simple {/ig. i27). — Le sujet (B) et le greffon (R), de semblable diamètre, sont tranchés de biais sur biseau analogue, sans encoche, les parties avivées étant plutôt jeunes. Conserver un œil au sommet du sujet et un autre à la base du greffon.
Unir ainsi les greffons (E) au sujet (A).
DU GKEKFAGE.
Les deux parties sont assemblées aussi parfaitement que possible (C) ; c'est donc une greffe par application
Fig. 127. — (irefTe anglaise simple (Groseillier).
pure et simple. Ligature souple, laine, spargaine ou caoutchouc; mastic. Tuteurage.
Greffe anglaise compliquée {fig. 128). — Celle-ci, la plus employée des greffes anglaises, peut être modiOée dans ses détails.
Le greffon (Bj étant taillé en bec de flûte assez court, nous pratiquons vers le tiers du biseau, entre la Baltet. — La pépinière. 14
210 DU GREFFAGE
moelle et la pointe, une fente longitudinale (D), en ménageant un œil (E) à la base. Cette dent s'obtient par un simple coup d'outil qui n'enlève aucune esquille de bois.
Le sujet (A) est soumis à
Fig. 128. — Greffe anglaise compliquée.
Fig. [iO. — Greffe anglaii»e au galop.
une opération analogue : tronçonnement en biais et fente au tiers supérieur avec bourgeon d'appel ; ce coup d'outil sera donné comme au greffon, entre le centre et la pointe de la tranche.
Une fois les deux biseaux préparés, nous les appliquons l'un sur l'autre à se toucher en tous points; puis, faisant pénétrer la dent (D) dans le cran (C), ils se trouvent agrafés intimement.
DU GREFFAGE
Quand le greffon est moins large que le sujet, il suflit de le ramener au bord de la tranche, de manière que les épidermes ou le liber se confondent au moins sur un côté dans la môme périphérie.
Ligaturer et engluer copieusement.
Greffe anglaise au galop [fig, 129) (« Whip Graft » des Anglais). — Le sujel, étôté (C), sera légèrement avivé sur le côté, au sommet de la tige, par une cicatrice étroite, entamant légèrement l'aubier ; au milieu, dans sa longueur, un coup de greffoir donné de haut en bas produit une fente légère. En même temps, le greffon^ ayant le biseau plat et une languette au centre, viendra s'accrocher sur la plaie du sujet et se mettre en contact avec les couches libériennes tranchées. Ligaturer et couvrir la greffe de mastic froid.
Un gros sujet peut recevoir deux greffes sur la même cicatrice ou sur une plaie de chaque côté ; ce greffage est en quelque sorte un placage à l'anglaise, en tête.
Greffe anglaise à cheval (/?</. 130). — Le sujet (A), écimé à 0™,03 ou 0",04 audessus d'un œil (c), est taillé en double biseau (a) formant un angle aigu, le sommet en
pointe, les deux côtés commençant au coussinet d'un œil (c). Le greffon (B), taillé en sens contraire, coupé
Fig. 130. — Greffe anglaise & cheval (Vigne).
2i2 bu (ÎREi^FAGiâ.
à Ob,04 au-dessous d'un œil (6), puis fendu à sa base jusqu'à cet œil inférieur, viendra se placer à cheval sur le sujet, Tœil (à) étant du côté opposé à Tœil (c). Ligaturer et mastiquer la greffe.