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Les nombreux avantages qu'ont dégagés les pages précédentes surpassent et de beaucoup les quelques appréhensions que les milieux automobilistes ressentaient à l’égard d'un mode énergique et rapide de sanction. Et ces avantages en définitive sont tout aussi importants en faveur des éventuels contrevenants, que des Pouvoirs Publics chargés de la police de la circulation. Tous les intérêts sont ainsi satisfaits (cf. supra, n° 102).
130. — Qu'on ne se hâte pas cependant de se faire des illusions sur les résultats immédiats de la réforme. Il est très probable que les bons effets ne se produiront qu’à la longue, et qu’au contraire, dans ses premiers mois
d’application, le système de l’encaissement au comptant
rencontrera une résistance du public au lieu de la faveur qu’on serait en droit d'espérer.
Que se passera-t-il en effet ? Les premiers temps, les agents habilités à percevoir le forfait pénal voudront trop vite faire leurs preuves. Ils seront enclins à un zèle intempestif, pour rentrer chaque soir avec leur sacoche d’encaisseur bien garnie. Ou du moins, on leur reprochera dans le public un tel état d’esprit. Dès lors, par une réaction naturelle, le circulant pris en défaut, se méfiant d’une injustice à son égard (on s’aveugle si facilement sur ses propres torts...), refusera de se libérer sur-le-champ. Il se butera dans sa résistance. Les procès-verbaux se multiplieront. Et plus que jamais, les audiences de simple police, au lieu d’être décongestionnées, connaîtront un surcroît d’encombrement.
Cette remarque n’est pas une critique adressée au système de la perception immédiate. Elle ne se propose que d’avertir de la survenance probable d’une phase de
AS
transition, où la situation se tendra quelque peu, en “attendant que l'institution nouvelle se taille un jeu normal, et puisse alors donner tous ses bons effets.
Réserve faite encore une fois du caractère illégal, et anormal, de la réforme, c’est sans conteste une conclusion optimiste sur ses fruits qui s'impose.